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QUESTION D'ACTU

Malnutrition, maladies négligées, tuberculose

L'innovation au service de la médecine humanitaire

Faire simple, rapide et efficace au moindre coût. Les contraintes poussent les humanitaires à innover, loin du cliché d’une médecine caritative au rabais.

L'innovation au service de la médecine humanitaire Une consultation MSF au National TB Centre d'Abovian en Arménie / Bruno de Cock

  • Publié 15.11.2013 à 12h51
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Des conditions rudimentaires, des outils anciens (vaccins ou médicaments) récupérés dans les pays riches et remis en circulation dans des contextes marqués par l’urgence et la précarité, c’est l’image que beaucoup associent à la médecine humanitaire. Pourtant, sur le terrain, « la médecine des populations en situation précaire pratiquée par Médecins Sans Frontières (MSF) n’est pas une pauvre médecine, elle utilise des technologies récentes et du matériel médical et chirurgical conformes aux standards préconisés dans les pays de haute technologie scientifique », écrit Jean-Hervé Bradol, l’ancien président de MSF.  dans un ouvrage intitulé Innovations médicales en situations humanitaires. Au contraire, les conditions dans lesquelles s’exerce la médecine humanitaire poussent à développer des outils pratiques, par exemple les tests rapides de diagnostic, utilisables partout, même en l’absence d’infrastructures sanitaires.

Quand la tuberculose résiste à tout

Le cas de la tuberculose multi-résistante est particulièrement emblématique des innovations qui peuvent naître de la médecine humanitaire. Alors qu’elle est quasiment absente dans nos pays riches, la forme multi-résistante de la tuberculose sévit dans les pays de l’ex-bloc soviétique, en Afrique Australe ou en Inde. Très peu voire aucun des antibiotiques courants ne sont efficaces contre la bactérie qui infecte ces patients.

 

Ecoutez le Dr Francis Varaine, responsable tuberculose à Médecins Sans Frontières : « Nous voyons arriver des patients de 25-30 ans dont la tuberculose est d’emblée résistante à tous les traitements. »



La seule solution dans cette impasse thérapeutique, c’est un antibiotique tout récent, la bédaquiline, autorisée aux Etats-Unis depuis décembre 2012 alors que son processus de développement n’est pas encore terminé. Héritage de la lutte des associations de malades du Sida lors de l’arrivée des premiers antirétroviraux, de nombreux pays, dont la France, disposent d’un mécanisme dit d’usage compassionnel qui permet aux autorités sanitaires d’accélérer la mise à disposition du traitement en raison de l’urgence vitale pour des patients qui n’ont plus aucune autre alternative.


Offrir la même prise en charge « dernier cri » qu'en France

Mais ce type de mécanisme dérogatoire n’existe pas dans la plupart des pays où MSF intervient pour des programmes de prise en charge de la tuberculose résistante. Avant de pouvoir soigner les malades, il a donc été nécessaire de faire du lobbying. « En Arménie et en Géorgie, nous avons mené un important travail d’information des décideurs pour les convaincre d’adopter ce type de réglementation et depuis avril 2013, nous pouvons traiter les patients qui en ont besoin avec de la bédaquiline dans nos centres MSF », explique le Dr Francis Varaine, responsable tuberculose à MSF.
En d’autres termes, des malades traités gratuitement par des humanitaires ont accès à la même prise en charge « dernier cri » que s’ils étaient pris en charge en France ou aux Etats-Unis. « Le seul bémol, c’est que nous n’avons pas sur place les outils sophistiqués qui nous permettraient par exemple de faire du dosage sanguin des médicaments. Mais au niveau de l’arsenal thérapeutique et des moyens diagnostics, la prise en charge humanitaire de la tuberculose est comparable à celle des pays riches », poursuit le spécialiste.

Ecoutez le Dr Francis Varaine : « Ces patients ont une prise en charge au moins comparable voire supérieure à celle des pays riches car nos médecins sur le terrain ont une bien plus grande expérience des tuberculoses multi-résistantes. »


Et l’avantage, c’est que l’Arménie et la Géorgie disposent désormais d’un texte législatif qui encadre l’usage compassionnel de médicaments. Comme le mécanisme des autorisations et recommandations temporaires d’utilisation en France, il pourra donc également accélérer l’arrivée sur le marché d’autres molécules pour lutter contre la tuberculose mais aussi contre le VIH, le cancer ou les maladies rares.

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