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Santé mentale

Pourquoi l’automutilation des enfants est plus fréquente dans les pays riches

Il y a une hausse de l’automutilation chez les moins de 24 ans dans les pays de l’OCDE, depuis les années 2000. Elle pourrait être liée à une augmentation des troubles de la santé mentale, mais aussi à l’impact des réseaux sociaux.  

Pourquoi l’automutilation des enfants est plus fréquente dans les pays riches PeopleImages/ISTOCK

  • Publié le 19.03.2026 à 09h25
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L’automutilation est en hausse dans les pays riches. Selon une étude, parue dans JAMA Pediatrics, les cas recensés dans les services de santé de ces Etats ont augmenté. Les auteurs, issus de différentes institutions canadiennes, ont analysé 42 études sur le sujet, basées sur des données collectées entre 2000 et 2024, dans 12 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Une hausse de l’automutilation des jeunes dans les pays développés 

Ils définissent l’auto-mutilation comme le fait de se blesser volontairement, avec ou sans intention suicidaire. Ces spécialistes rappellent que l’automutilation augmente le risque de problèmes de santé mentale ultérieurs, notamment l’anxiété, la dépression et les troubles liés à l’usage de substances ainsi que le suicide. "Il est important de noter que l’automutilation au cours des deux premières décennies de la vie est associée à une réduction importante (de 11 à 18 ans) de l’espérance de vie, 20 % des décès étant attribuables au suicide ou à des intentions indéterminées", complètent-ils. 

Selon eux, les estimations portent à 10 % le nombre de jeunes s’étant déjà automutilés. Dans les études analysées, ils se sont intéressés à ceux âgés de moins de 24 ans. "Au cours des deux dernières décennies, nous avons constaté une augmentation annuelle de 3,5 % des consultations médicales pour automutilation et de 2,5 % des taux d'automutilation déclarée, constatent-ils. Cette hausse des consultations médicales pour automutilation était plus marquée chez les filles, avec une augmentation annuelle de 3,6 % contre 1,2 % chez les garçons."

Santé mentale, réseaux sociaux, pandémie : plusieurs facteurs pourraient expliquer la hausse de l’automutilation 

Pour les auteurs, cette hausse pourrait être liée à l’augmentation globale des troubles de santé mentale, notamment l'anxiété et la dépression. "Cependant, les études existantes examinant les tendances de ces troubles ont abouti à des résultats contradictoires" préviennent-ils. Les chercheurs rappellent que l'automutilation est souvent "liée à des facteurs complexes et multifactoriels", comme "la dysrégulation émotionnelle, les traumatismes et les difficultés relationnelles, qui ne sont pas toujours pleinement pris en compte dans les études plus générales sur l'anxiété et la dépression". 

Ces experts notent que le contexte peut aussi avoir des conséquences sur la fréquence de l’automutilation. Au moment de la pandémie de Covid-19, une augmentation significative des hospitalisations liées à des automutilations a été observée. "Nos résultats suggèrent que certaines tendances observées pendant la pandémie pourraient refléter des tendances plus générales en matière de taux d’automutilation", constatent-ils. Ils relèvent l’importance de certains facteurs sur la santé mentale des jeunes dont les réseaux sociaux, mais aussi le contexte économique et géopolitique. "Ces facteurs peuvent contribuer à l'automutilation en favorisant l'isolement social, la détresse psychologique et l'exposition à des contenus néfastes ou déclencheurs, y compris les comparaisons sociales, ce qui a un impact sur la régulation émotionnelle et les mécanismes d’adaptation", soulignent-ils. Pour ces spécialistes, quelles que soient les causes précises de cette hausse, leurs résultats illustrent la nécessité de renforcer le soutien aux jeunes en situation de détresse mentale. 

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