La maladie d’Alzheimer demeure mal connue. Différents facteurs pourraient contribuer à son apparition, mais les scientifiques peinent à identifier ses causes exactes. Dans la revue spécialisée Alzheimer's & Dementia, des chercheurs ont remarqué l’existence d’un lien entre le sommeil, des prédispositions génétiques et l’apparition de la pathologie.
Un lien entre habitudes de sommeil, génétique et maladie d’Alzheimer
Cette équipe de recherche de l'Université Edith Cowan (ECU), en Australie, a travaillé sur le gène aquaporine-4 (AQP4) : il contribue à réguler la circulation des fluides dans le cerveau. Il est notamment impliqué dans le système interne d'élimination des déchets du cerveau, particulièrement actif la nuit. Ce processus serait important pour la destruction des protéines associées à la maladie d'Alzheimer.
Au cours de leur étude, les scientifiques ont analysé 13 variantes courantes du gène AQP4, puis ils ont recueilli les habitudes de sommeil déclarées par plus de 350 participants. En parallèle, ils ont utilisé des imageries cérébrales et des tests de performances cognitives. "Chez certains participants, une durée de sommeil plus courte était associée à une perte plus rapide de matière grise, tandis que ceux qui mettaient plus de temps à s'endormir présentaient des modifications de la structure cérébrale liées à une réduction du volume du cerveau", notent-ils. Les scientifiques ont aussi observé que l'évolution des performances cognitives au fil du temps différait chez les personnes souffrant de troubles du sommeil. Ils précisent que cela dépendait de la variante du gène AQP4 présente chez l’individu.

Maladie d’Alzheimer : vers une prévention ciblée ?
"Il ne s'agit pas seulement des gènes que vous possédez, mais de la manière dont ils interagissent avec votre environnement, développe la chercheuse Dr Ayeisha Milligan Armstrong, co-autrice de l’étude. Une même variante peut s'avérer protectrice ou néfaste selon les habitudes de sommeil de l'individu. C'est un point important, car le sommeil est l'un des rares facteurs modifiables sur lesquels nous pouvons réellement agir." À l’avenir, la spécialiste et ses collègues souhaiteraient que des essais cliniques soient réalisés, avec l’intégration de données génétiques pour "déterminer si une modification des habitudes de sommeil peut compenser le risque génétique et influer sur l'évolution cérébrale à long terme liée à la maladie d’Alzheimer". L’objectif est de parvenir à développer une approche ciblée et personnalisée, dans l'espoir de prévenir la maladie.


