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QUESTION D'ACTU

En dix ans

Sida Info Service : des jeunes mal informés sur les pratiques à risque

De plus en plus de jeunes sollicitent Sida Info Service sur Internet. Mais le service d'écoute alerte sur le manque flagrant de connaissances sur les pratiques sexuelles à risque.

Sida Info Service : des jeunes mal informés sur les pratiques à risque AHN YOUNG-JOON/AP/SIPA

  • Publié 21.10.2015 à 07h00
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Internet monte en puissance. En 10 ans d’existence, Sida Info Service a diversifié les plateformes d’écoute. Outre le numéro vert (0 800 840 800), il est désormais possible de s’informer par mail ou par Livechat, depuis 2011.
Une décennie marquée d’évolutions que Sida Info Service (SIS) a retracé par l’analyse d’entretiens téléphoniques réalisés en 2004, 2007, 2011 et 2014 avec des jeunes, d’échanges Livechat et de mails. Et le constat est inquiétant : un appelant sur cinq est âgé de moins de 25 ans. Et les connaissances sur la sexualité, la grossesse et les risques de transmission d’infections sont très basses.

Le sentiment d’anonymat sur Internet

L’année 2014 marque le recours massif au support internet chez les jeunes. Les mineurs sont trois fois plus nombreux sur le Livechat que sur les lignes d’écoute téléphonique. Une libération qui a du bon – elle ouvre un accès anonyme à des jeunes qui n’auraient pas forcément sollicité SIS -, mais aussi du moins bon : les conseillers orientent régulièrement les internautes vers le numéro vert, plus personnalisé.
En 2014, un écoutant écrit ainsi à une jeune femme de 17 ans, qui précise avoir eu des rapports non protégés : « On peut en parler de manière posée plus précise notamment pour des conseils. Je peux vous communiquer un numéro gratuit depuis un portable si vous n’avez pas de fixe. Je pense qu’un échange par téléphone me semble plus adapté… et plus humain. »

La ligne d’écoute téléphonique reste le médium privilégié par les jeunes inquiets sur leurs pratiques sexuelles. Mais Sida Info Service note, dans son observatoire, que le support Internet a l’avantage d’accentuer le sentiment d’anonymat. Les questions se font plus précises, les langues se délient. « Pour une femme, la fellation comporte-t-elle un gros risque ? » demande par exemple un jeune de 17 ans sur le Livechat. Cela confirme les résultats du Baromètre santé, selon lequel 48 % des jeunes utilisent le web pour s’informer sur la santé.

Un manque profond de connaissance

Les questions sont plus précises et soulèvent une inquiétude majeure du côté de Sida Info Service : de nombreux jeunes, particulièrement les mineurs, ont des connaissances très lacunaires sur la sexualité et le mode de transmission des infections sexuellement transmissibles. « Les jeunes appelants arrivent sur les services de SIS avec des interrogations révélatrices d’un manque important de connaissances de base sur la sexualité. Ils méconnaissent leur corps ce qui engendre des confusions sur les risques de grossesse et les méthodes contraceptives, conclut le service. Ils ne maîtrisent pas la notion d’IST et développent un imaginaire sur les risques de transmission. Notamment, la création spontanée d’un virus est récurrente depuis des années. »Un manque de connaissance qui explique peut-être le faible recours au préservatif. En effet, un tiers des étudiants ne se protègerait jamais lors d'un rapport sexuel.

 

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