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QUESTION D'ACTU

Délais d'attente, consultations trop courtes…

Hôpital : les Français saturent

Délais d'attente trop longs, consultations trop courtes, pour les Français, la qualité des soins dans les hôpitaux se dégrade. Idem pour certains médecins qui dénoncent "l'hôpital-entreprise".

Hôpital : les Français saturent Rosenthal Tom/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 03.02.2015 à 09h15
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Une majorité de Français (60 %) estime que les conditions d'accueil à l'hôpital se sont dégradées au cours de ces dernières années, selon l'Observatoire de l'accès aux soins Jalma/IFOP 2014 publié ce lundi. Pour justifier leur méfiance, les patients pointent notamment du doigt les délais d'attente trop longs pour l'obtention d'un rendez-vous médical. 42 jours en moyenne avant une opération chirurgicale et 49 pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Pire encore, certains malades trouvent les consultations trop courtes. « Avec le sentiment d'être expédiés par leur médecin », confie Mathias Matallah, président du cabinet de conseil Jalma. 

16 min pour une consultation rentable
Les Français ont une « impression juste » de la réalité, confirme le Pr André Grimaldi, diabétologue à la Pitié-Salpêtrière (Paris).  Et ce constat était « prévisible », martèle ce spécialiste. « On a commencé par installer dans certains hôpitaux des chronomètres au sein des salles de consultation. Tout ça dans un premier temps, uniquement, pour s'informer et comprendre pourquoi des médecins sont plus longs que d'autres. » Résultat, « on a transformé l'hôpital en entreprise ». « On demande aux praticiens hospitaliers de faire toujours plus d'actes médicaux, en privilégiant de plus en plus les actes rentables », rajoute-t-il. 
Certains services hopitaliers vont encore plus loin. D'après leur calcul, une consultation pour une maladie chronique (diabète, sida...) n'est rentable que si elle ne dure pas plus de 16 minutes.  

Pour le Pr Grimaldi, le principal ennemi reste la tarification à l’activité (T2A) qui repose sur une logique de mesure de la nature et du volume des activités. « La dictature de la T2A est identique à celle d'une chaine industrielle. Elle pousse le médecin à faire du chiffre, et 20 et 30 et 40 patients. Les médecins saturent, ils ont le sentiment de déqualifier leur métier. »

Ecoutez le Pr André Grimaldi, diabétologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière : « Il faut que les lits soient pleins. Il faut que ça tourne en permanence. Ca fait 10 ans que les directeurs d'hôpitaux disent : "il faut augmenter l'activité". »


Les cliniques plus attractives pour les médecins
Autre explication pour justifier ces délais d'attente trop longs, celle apportée par Mathias Matallah, de Jalma. D'après lui, depuis l'instauration des 35 heures à l'hôpital, les médecins travaillent moins. « Cela cause des pénuries d'effectifs de médecins dans certains services à plusieurs moments de la semaine. »
De plus, cet économiste de la santé rappelle que les carrières hospitalières sont de moins en moins attractives. En chiffres, le taux de vacances pour les postes à temps plein à l'hôpital est de l’ordre de 23 %, et 40 % pour les postes à mi-temps.

Ecoutez Mathias Matallah, président du cabinet Jalma : « Les médecins travaillent moins à l'hôpital. De plus en plus d'entre eux ont des exercices particuliers. »


Des soins médicaux pas pris en charge par la Sécu
Par ailleurs, les Français se plaignent aussi du coût financier d'un séjour hospitalier. C'est le cas par exemple des chambres seules qui sont payantes dans les hôpitaux français (45 euros à l'AP-HP), comme en cliniques. Conséquence, si le patient n'a pas de mutuelle cette somme ne lui sera pas remboursée. 
Dans l'étude Jalma, le coût des soins pointe au deuxième rang des causes de renoncement aux soins.

L'hôpital victime de la paperasserie
Face à ce constat inquiétant pour les patients, certains acteurs majeurs de l'hôpital trouvent des circonstances atténuantes aux gestionnaires de ces établissements. Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF), dénonce à ce titre « la surcharge administrative dont sont victimes les personnels et directeurs des hôpitaux. »
Pour lui, le choc de simplification souhaité par François Hollande, qui concerne les entreprises, les particuliers et l'administration, doit aussi voir le jour à l'hôpital.

Ecoutez Frédéric Valletoux, président de la FHF : « Dans les hôpitaux, on souffre énormément de bureaucratie, de paperasserie, et de suradministration. »


Du Wifi dans les hôpitaux franciliens en 2015
Alors, pour tenter d'améliorer les conditions d'accueil, des responsables commencent à prendre des initiatives. Parmi eux, le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch. « Au bout du printemps 2015, a-t-il annoncé, nous mettrons en place le paiement en ligne, pour les patients – plutôt que ces innombrables lettres de rappels – et ouvrirons le nouveau site internet, plus informatif pour les patients. Enfin, nous pouvons annoncer qu’en 2015, le Wifi bas débit, sera déployé partout dans l’AP-HP et sera gratuit pour tous, patients et personnels. » 
Les patients franciliens qui attendent des heures dans les salles d'attente des hôpitaux (notamment aux urgences) auront au moins le privilège de pouvoir surfer sur Internet...



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