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17e Journées de l’Orthodontie

Orthodontie : les traitements peuvent commencer dès 7 ans

Par Audrey Vaugrente

Une dentition parfaite peut avoir un coût financier, mais aussi esthétique. Les alternatives "invisibles" aux bagues sont de plus en plus privilégiées. Mais elles ne conviennent pas à tous.

La pose des bagues : un passage de moins en moins forcé (DURAND FLORENCE/SIPA)
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Des carrés métalliques qui obscurcissent le sourire à l’adolescence : une situation désormais courante… De plus en plus de jeunes Français bénéficient d’un appareillage dentaire. Mais tous n’apprécient pas forcément ces soins d’orthodontie à leur juste valeur, notamment pour des raisons esthétiques. « Bagues » métalliques, en céramique, transparentes, appareils linguaux, gouttières transparentes… les alternatives invisibles se multiplient. A l’occasion des 17e Journées de l’Orthodontie, qui se tiennent du 7 au 10 novembre, pourquoidocteur fait le point sur l’intérêt des différentes techniques d'orthodontie.

 

En 2012, selon les données du Collectif Interassociatif sur la Santé (le CISS), 230 831 personnes ont bénéficié de soins orthodontiques. Les attaches collées, qu’on connaît sous le nom de « bagues », restent la référence. Parce qu’elle coûtent moins cher, mais aussi parce qu’elles permettent de prendre en charge des malformations orthodontistes complexes.

Est-il utile de traiter avant 8 ans ?

Pendant des années, les spécialistes estimaient qu'il n'était pas possible d'agir sur une déformation du palais ou un mauvais positionnement de la langue autour de 6-7 ans. Les temps ont changé. A cet âge, des soins d’orthodontie sont aujourd'hui possibles, mais ils traitent plus l’architecture de la bouche. « A mon sens, il ne faut pas porter de gouttière avant 8 ans, mais on peut porter certains appareils, fixes ou amovibles, qui vont agir sur le squelette, la mâchoire, rétablir des fonctions. Quand on rétablit tout cela, on ne supprime les soins d'orthondie à l'adolescent mais ils seront moins importants », précise Frédérique Aloé-Tavernier. « On ne fait pas la même chose à un ado de 15 ans et un enfant de 5 ans, qui n’est pas développé de la même façon. J’ai coutume de dire qu’à 5 ans, on fait de l’orthopédie, à 15 ans on fait de l’orthodontie », plaisante l’orthodontiste.


Les appareils transparents représentent-ils un vrai progrès ?

La gouttière transparente est aujourd'hui plus populaire que les attaches collées, pour plusieurs raisons. « L’intérêt des gouttières transparentes, c’est qu’elles sont moins visibles par rapport à des bagues posées à l’extérieur, c’est le critère esthétique », détaille le Dr Frédérique Aloé-Tavernier, orthodontiste contactée par pourquoidocteur. Le deuxième critère, c’est qu’il est plus facile de se brosser les dents, puisqu’on retire la gouttière. Le troisième, c’est qu’il y a moins de source de blessures, il n’y a pas d’angle aigu, contrairement aux attaches. »

Ce gain de confort a tout de même un prix : la gouttière est plus coûteuse, ce qui peut faire une différence au vu des taux de remboursement de la Sécurité sociale. Et de l'avis de certains orthodontistes, la durée de traitement est par contre un peu plus longue avec les gouttières qu'avec les bagues.

 

Comment les traitements d’orthodontie sont-ils pris en charge ?

Les traitements d’orthodontie sont pris en charge par l’Assurance maladie, mais un accord préalable est nécessaire avec la caisse dont le patient dépend. Le taux de remboursement s’élève à 100 % pour un traitement par semestre (6 maximum) et la première année de contention. Il descend à 70 % pour une séance de surveillance (2 maximum par semestre) et la deuxième année de contention. Les honoraires sont libres et dépassent souvent la base de l’Assurance maladie, bien que celle-ci recommande des tarifs fixés « avec tact et mesure. » Ce décalage entre la base et la réalité est régulièrement dénoncé par les associations.

Interrogée à ce sujet, le Dr Frédérique Aloé-Tavernier reconnaît une situation complexe : « Le taux de remboursement n’a pas changé depuis 1988. Dans ma pratique, je n’ai jamais connu autre chose », affirme l’orthodontiste. « C’est dérisoire par rapport à l’évolution des techniques et du coût de la vie. »

La mutuelle peut compléter ce que l’Assurance maladie ne rembourse pas, mais toutes ne permettent pas d’éviter un reste à charge. 6 semestres de remboursement suffisent pour la plupart des cas et sont séparés entre la prise en charge précoce et celle à l’adolescence. Mais « cela ne change pas grande chose dans les cas complexes, pour lesquels on doit travailler plus longtemps », déplore Frédérique Aloé-Tavernier. « On fait ce qu’on peut si c’est pour quelques mois… On ne va pas lâcher un patient dans la nature. Il faut se rappeler que ce qui est pris en charge, c’est un traitement : on fait autant de consultations, d’appareils, de réflexions que nécessaire. » 

 
Quel appareil à quel âge ?

La gouttière transparente peut être installée vers 13-14 ans, tandis que l'appareil lingual (les bagues sur la face interne des dents, ndlr) ne peut pas être mis en place avant 15 ans. Quant aux bagues traditionnelles, elles sont posées de plus en plus tôt, aujourd'hui aux alentours de 10-11 ans. Dans le cas de la gouttière, « il faut un certain nombre de dents définitives : l’ensemble des incisives, les premières molaires, et au moins quatre prémolaires », explique Frédérique Aloé-Tavernier. « C’est différent de l’appareil lingual, pour lequel il faut que toutes les dents soient présentes. On peut se permettre de commence plus tôt, mais cela ne s’adresse pas à un enfant de moins de 12 ans. »

 

Quelles contraintes pour l'enfant ?

Les adolescents qui portent des bagues doivent être très vigilants au brossage des dents et éviter à tout prix les aliments collants. La gouttière transparente est un traitement orthodontique amovible. Il est donc plus facile de se laver les dents. Mais tous les adolescents ne sont pas éligibles à un traitement par gouttière. « On ne fait pas tous les traitements avec des gouttières transparentes : certains mouvements demandent des attaches, il y a des limitations techniques. Le standard, ce sont les attaches collées », rappelle Frédérique Aloé-Tavernier

Pour les adolescents éligibles, cette option s’accompagne tout de même de quelques contraintes. « On choisit la gouttière transparente quand il y a une demande esthétique de la part d’un adolescent. Mais il faut aussi être sûr que l’enfant va être sérieux, il faut de la rigueur », souligne Frédérique Aloé-Tavernier. « La gouttière doit être portée 22 heures sur 24, on ne l’enlève que pour manger et se laver les dents. Il faut bien expliquer les enjeux. »