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Octobre rose : le cancer du sein est plus mortel chez les hommes

Par la rédaction

Méconnu et tabou, le cancer du sein tue des centaines d’hommes chaque année. Par manque d’information, la maladie est très mal prise en charge.

Ahn Young-joon/AP/SIPA
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Ce mois d’octobre est rose. Pendant trente jours, des femmes dévoilent leur soutien-gorge, des stars font tomber le haut et posent seins nus. Partout, on rappelle aux femmes qu’il faut se faire dépister, s’autopalper, en parler. Pour que le message soit clair, le ruban rose est de rigueur. « Rose comme les filles ».

Les hommes ont des seins
Et pourtant, les femmes ne sont pas les seules à souffrir du cancer du sein. Les hommes en sont également victimes - des victimes silencieuses auxquelles on pense rarement. Et ce silence a un prix : ils meurent davantage de cette maladie que les femmes, parce qu’ils ne sont pas au courant, ne la dépistent pas, la prennent en charge trop tardivement. Aux Etats-Unis, sur les 2300 hommes qui seront touchés dans l'année, 430 vont en mourir.

Oui, les hommes ont des seins. Ils sont certes moins développés que ceux des femmes, mais également constitués d’une glande mammaire, sujette à des risques de cancer. Le sein féminin est fait de muscle, de graisse et d'un réseau de lobes et de canaux galactophores qui permettent l'allaitement et qui composent la glande mammaire. A la puberté, cette glande se développe sous l'effet des hormones. La glande mammaire d’un homme ressemble à celle d'une femme avant la puberté.

Un taux de survie de 69 %
L’homme a beaucoup moins de chances de développer un cancer du sein que les femmes – 1 sur 1000, contre 1 sur 8 pour une femme. Sur les 50 000 cas de cancers du sein détectés chaque année en France, moins de 1 % sont décelés chez l'homme. Mais il a plus de risques d’en mourir. Chez la femme, le taux de survie à 5 ans est en moyenne de 80%, contre 69 % chez l’homme.

Une vaste étude publiée en mai 2012 (document PDF) montre ainsi qu’au moment du diagnostic, les tumeurs dans le sein des hommes sont beaucoup plus grosses que chez les femmes. Le risque de cancer généralisé est aussi plus élevé chez l’homme. Une autre étude, publiée en 2010 dans l’American Journal of Nursing, souligne que 80% des hommes ne sont pas au courant qu’ils peuvent développer un cancer du sein…

Une maladie taboue
Il n’y a pas de profil type du cancer du sein chez l’homme. Comme chez la femme, son apparition peut être liée à une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2, qui prédisposent à la maladie. Ces mutations se transmettent également de manière héréditaire. Généralement, le traitement du cancer du sein chez l'homme se déroule en quatre étapes : ablation des ganglions, chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie. La chirurgie reconstructrice existe aussi pour les hommes. Elle consiste à combler la cicatrice par une greffe, puis redessiner une aréole en tatouage.

Il existe une barrière psychologique importante liée à cette maladie, qui explique notamment les dépistages tardifs. Le cancer du sein est perçu comme purement « féminin » ; les hommes ressentent souvent de la honte en allant consulter. Dans l’étude de 2010, par exemple, 43% des sondés expliquent qu’ils remettraient en cause leur masculinité si on leur diagnostiquait un cancer du sein. Il faudrait qu’octobre soit un peu plus bleu…