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QUESTION D'ACTU

3,3 millions de Français n'ont pas de complémentaires

Renoncement aux soins : la Mutualité tire la sonnette d'alarme

Selon l’Irdes, 3,3 millions de Français étaient privées de complémentaire santé en 2012. Pour y remédier, la Mutualité propose de baisser leur fiscalité.

Renoncement aux soins : la Mutualité tire la sonnette d'alarme Etienne Caniard, président de la Fédération nationale de la Mutualité française (BEBERT BRUNO/SIPA)

  • Publié 01.10.2014 à 17h55
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« Ce que nous redoutions est en train de se réaliser… Alors que perdurent les déficits et que gonflent les dépenses de santé et la dette sociale, l’accès aux soins ne s’améliore pas, bien au contraire. » C’est l’alerte lancée par Etienne Caniard, président de la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) à l’occasion d’une conférence de presse.

Le renoncement aux soins progresse en France
Evoquant un « moment charnière », le président de la Mutualité Française a souligné, chiffres à l’appui, le terrain gagné par le renoncement aux soins. Selon le baromètre Europe assistance de l’automne 2013, il a progressé de 6 % entre 2012 et 2013. Concrètement, 33 % des personnes interrogées dans cette enquête déclaraient avoir renoncé à des soins dans l’année écoulée pour des raisons financières, contre 27 % en 2012.
Une progression d’autant plus préoccupante qu’elle fait figure d’exception française en Europe. D'après le même baromètre, et sur la même période, le renoncement aux soins a diminué chez nos voisins européens, passant de 30 % à 24 % en Allemagne de 27 % à 20 % en Italie et de 9 % à 4 % en Grande-Bretagne.


Le taux de couverture par une complémentaire en baisse

« Jusqu’à présent, relève Etienne Caniard, la situation a été compensée par les organismes complémentaires. » Mais, insiste-t-il en décrivant un phénomène inédit, « pour la première fois, le taux de couverture par une complémentaire, qui n’avait cessé de progresser depuis les années 1970, est en baisse ».
En 2012, 3,3 millions de personnes étaient privées de complémentaire, soit 500 000 de plus qu’en 2010 selon la dernière étude santé protection sociale de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes)
Un phénomène d'autant plus inquiégtant que le renoncement aux soins est deux fois plus important en l’absence de complémentaire, selon les experts. « Ce renversement d’une tendance très forte, installée depuis plusieurs décennies, signifie donc qu’un demi-million de Français est aujourd’hui exposé à un taux de renoncement aux soins deux fois plus élevé que les autres », déplore Etienne Caniard.


Baisser les taxes sur les complémentaires 

Pour expliquer cette évolution, Etienne Caniard fait référence à l'alourdissement considérable des charges pesant sur les complémentaires santé, les rendant inaccessibles à un nombre croissant de Français.
Pour preuve, « les taxes sur les complémentaires sont passées de 1,75 % en 2005 à 13,27 % en 2012. Or, celles-ci sont un prélèvement direct sur le pouvoir d’achat des Français, fustige-t-il, rappelant qu’en 2011, à l’occasion du doublement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance, la Mutualité avait mobilisé plus d’un million de signataires via une pétition. »


Celle-ci réclamait la baisse de ces taxes « qui servent à financer des dispositifs dont l’Etat s’est désengagé. C’est le cas du fonds de financement de la couverture maladie complémentaire (CMU), aujourd’hui abondé à 97 % par les complémentaires alors qu’il était financé à 80 % par l’Etat au moment de sa création en 2000.
Ainsi, le président espère que les pouvoirs publics tiendront la promesse qui avait été faite de baisser la taxe sur les contrats responsables, de 7 % à 5 % dans un premier temps. « Nous nous engageons à ce que cette baisse se fasse au bénéfice des adhérents », promet-il. 
Pour rappel, ces contrats ont pour principe est d'encourager le respect du parcours de soins coordonnés. De fait, les mutuelles s'engagent à ne pas couvrir l'intégralité des frais de santé lorsque les consultations ne suivent pas le parcours de soins préconisé par l'Assurance Maladie.

 

 

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