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QUESTION D'ACTU

Stocks de médicaments

Les patients souffrent de la pénurie de corticoïdes

Les rhumatologues  s'inquiétent de la rupture de stock de deux corticoïdes indispensables pour les patients. Une pénurie, parmi d'autres,  qui révèle des anomalies dans le circuit de distribution des médicaments.

Les patients souffrent de la pénurie de  corticoïdes TESCHNER/CARO FOTOS/SIPA

  • Publié 11.05.2012 à 10h14
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« Prenez votre mal en patience ». C’est ce que pourraient bientôt être contraints de répondre les rhumatologues à leurs patients souffrant de sciatique, d’arthrite ou de tendinite. Les deux principaux médicaments utilisés en infiltration pour soulager ces patients, des corticoïdes injectables, sont menacés de rupture de stock imminente. En cause ? Deux accidents industriels qui ont interrompu les chaînes de fabrication en début d’année. Selon les régions, la pénurie commence maintenant à se faire sentir jusque dans les pharmacies.

Dr Eric Senbel, rhumatologue à Marseille, secrétaire général du syndicat des médecins rhumatologues : « Nous sommes obligés de faire le tri des patients à infiltrer de façon urgente »



Le syndicat des médecins rhumatologues a interpellé l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) pour qu’une solution soit trouvée car il s’agit de médicaments que les rhumatologues utilisent plusieurs fois par jour pour un très grand nombre de patients. Et les alternatives sont loin d’être équivalentes, notamment en terme de coût pour la sécurité sociale.

Dr Eric Senbel: « Les alternatives pénalisent le patient et la collectivité »



L'Ansm espère un retour à la normale au mieux à la mi-juin mais la situation des corticoïdes injectables est loin d’être un cas isolé. Parmi les 12 000 médicaments commercialisés en France, 70 à 80 produits indispensables car sans alternative sont quotidiennement en rupture de stock avérée ou à prévoir. Il peut s’agir des antirétroviraux des personnes séropositives, des médicaments anti-rejet des patients greffés ou encore des anticancéreux. Ce sont souvent des médicaments récents pour lesquels il n’existe pas encore nécessairement de générique ou de molécule de la même famille à utiliser à la place.

Trois causes identifiées seraient à l’origine de ces ruptures de stock : les difficultés industrielles rencontrées au cours de la fabrication, comme c’est le cas des corticoïdes injectables, l’arrêt de fabrication décidé par le laboratoire lui-même et les problèmes dans le circuit de distribution des médicaments, véritable source de conflit entre les industriels et les grossistes-répartiteurs chargés d’approvisionner toutes les pharmacies du territoire français.
Les laboratoires accusent certains grossistes d’exporter les médicaments destinés à la France chez nos voisins, où le différentiel de prix leur est plus favorable. Pour les grossistes, les coupables sont plutôt à chercher du côté des quotas que leur impose l’industrie pharmaceutique pour certains médicaments. Elle évalue la quantité de son médicament dont les Français ont besoin et la répartit entre les différents grossistes pour éviter les exportations parallèles. Or les ruptures de stock semblent se concentrer sur ces produits soumis à quotas. Chacun se rejette donc la responsabilité au grand dam des pharmaciens qui doivent de plus en plus régulièrement courir après les médicaments manquants pour leurs clients.

Mais la réaction des autorités sanitaires est en cours. Un décret doit réorganiser le système d’approvisionnement des officines en demandant notamment aux industriels d’anticiper un plan de gestion des pénuries pour leurs médicaments sensibles et en interdisant l’export aux entreprises qui prétendent au statut de grossiste-répartiteur. Et pour les syndicats de professionnels de santé et les associations de patients, pas question de voir ce texte indispensable enterré avec le changement de locataire au ministère de la Santé !

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