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QUESTION D'ACTU

Entretien avec les Pr Pelissolo et Pr Bergmann

Somnifères : un déremboursement pour limiter les prescriptions

La Haute Autorité dénonce des risques et la dépendance des patients à l'égard des somnifères. Pour autant, les éviter ne doit pas devenir la règle, avertissent deux experts.

Somnifères : un déremboursement pour limiter les prescriptions SERGE POUZET/SIPA

  • Publié 25.07.2014 à 18h27
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La France, championne d'Europe de la consommation de somnifères. Face à ce problème très français, la Haute Autorité de Santé (HAS) propose de réduire le taux de remboursement des somnifères à base de bénzodiazépines. Leurs effets thérapeutiques diminueraient sur le long terme et ils engendreraient des dépendances importantes chez les insomniaques. Interrogés par pourquoidocteur, le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à Créteil, et le Pr Jean-François Bergmann, expert en thérapeutique et chef du service de médecine interne à l'hôpital Lariboisière à Paris commentent cette recommandation de la HAS.

Recommandation symbolique

Pour les 4 millions de français qui prennent des somnifères, cette recommandation ne devrait pas changer leurs habitudes. En effet, ces médicaments sont souvent peu coûteux, et les mutuelles devraient continuer de compléter le remboursement si cette recommandation était suivie d'effets. En revanche, si les médecins en prescrivent depuis des années et ne devraient pas s'arrêter là, la HAS pourrait leur fournir un nouvel argument pour limiter et raccourcir les prescriptions des patients. D'autant que ceux-ci comportent des effets secondaires importants, qui ont été bien documentés au cours des années.

Ecoutez le Pr Jean-François Bergmann, chef du service de médecine interne à l'hôpital Lariboisière de Paris : « Pour le patient, le déremboursement ne changera pas grand chose. Mais cela rappelle que la prise de somnifères entraîne aussi troubles de mémoire, de concentration voire des chutes. »
 

 

Tester d'autres alternatives
Encourager les médecins à tester d'autres alternatives médicamenteuses n'est pas une mauvaise idée, surtout en médecine généraliste. C'est en effet là que les patients sont les plus concernés par la surconsommation de somnifères. Mais éviter les benzodiazépines ne doit pas être la règle de prescription absolue.

Ecoutez le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) : « Le seul changement pour le patient, c'est si, dans les faits, il y a un déremboursement, mais c'est un signal fort pour inciter les médecins à plus de vigilance. »



La dépendance, problème majeur

Au delà de la diminution des effets thérapeutiques, c'est donc les risques des somnifères qu'il faut mesurer. Cette recommandation épingle une nouvelle fois la dépendance qui se crée pour la personne insomniaque à l'égard de ce médicament. Ce que confirme le Pr Bergmann, même s'il estime, comme son confrère le Pr Pelissolo, qu'éviter les benzodiazépines n'est pas une règle absolue. Ce qu'il faut, c'est un traitement adapté à chaque patient, et des doses équilibrées.

Ecoutez le Pr Jean-François Bergmann : « L'autre problème, c'est la difficulté d'arrêter. Les jours qui suivent, le patient est vraiment insomniaque et réclame son somnifère. »

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