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QUESTION D'ACTU

Moins d'abcès, d'infections, et de risques de VIH

Salles de shoot : des premiers résultats encourageants en France

Dans une étude française, 113 consommateurs de drogues ont testé le dispostif des salles de shoot. Cette expérimentation a conduit à moins d'abcès, d'infections, et de risques de transmission du VIH.

Salles de shoot : des premiers résultats encourageants en France VALINCO/SIPA

  • Publié le 24.07.2014 à 14h30
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En France, les premières expérimentations de salles de shoot donnent des résultats encourageants. C'est en effet ce qui ressort ce jeudi de l’étude ANRS AERLI (Accompagnement et Education aux Risques Liés à l’Injection), réalisée conjointement par l’association AIDES, Médecins du Monde et l’Inserm U912 (Marseille). Des résultats inédits présentés en communication orale lors de la 20e conférence internationale sur le sida organisée par l’International Aids Society à Melbourne (Australie) du 20 au 25 juillet 2014.

Diminution des pratiques à risque de transmission du VIH et VHC
Pour parvernir à ces résultats, ces chercheurs ont proposé à des usagers de drogues des sessions individuelles d’accompagnement et d’éducation à l’injection sur les pratiques à risque liées à l’injection. Délivrées par des pairs formés et selon un protocole standardisé, les sessions ont reposé sur une intervention pédagogique individualisée en fonction des pratiques de chaque consommateur et des questions qu’il se pose.
Au total, 288 sessions ont été réalisées auprès de 113 consommateurs. Ceux-ci ont été recrutés dans 8 centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (CAARUD). Un groupe témoin de 127 usagers, comparable en termes d’histoire d’injection de drogues, d’âge et de sexe, a été constitué dans 9 autres centres. Tous les participants ont été interrogés au moment de leur inclusion, puis 6 et 12 mois plus tard, sur leurs pratiques d’injection à risque pour la transmission du VHC et sur les complications au site d’injection. Et après analyse des données, les résultat sont sans appel, selon ces scientifiques.
Ils mettent en évidence un bénéfice significatif des sessions d’éducation. Ainsi, il est constaté dans le groupe “Intervention”, une diminution de 43 % des pratiques à risque de transmission du VHC et du VIH (44 % des consommateurs déclarant au moins une pratique à risque avant l’intervention contre 25 % 6 mois après).

Moins d'abcès et d'infections  
Par ailleurs, l'équipe a aussi noté une diminution de 41 % en 12 mois des complications observées sur les points d'injection (abcès, infection…). Ainsi, 66 % des consommateurs ont déclaré des complications avant l’intervention contre 39 % 12 mois après.
« En comparaison avec le groupe témoin, nous observons un effet majeur de l’éducation par les pairs sur les pratiques à risque de transmission infectieuse, commente la chercheuse de l'Inserm Patrizia Carrieri qui a participé à l'étude. C’est d’autant plus intéressant qu’une grande partie de ces injecteurs de drogues reste en marge du système de soins », a-t-elle rajouté.


Un coût peu élevé et facile à mettre en place
 
En outre, les auteurs de ces travaux soulignent que ce type d’intervention présente deux autres intérêts : son coût est peu élevé et il est facile à mettre en place dans les structures d’accueil et de soins des consommateurs de drogues par voie intraveineuse. Toute cette équipe plaide donc pour une généralisation du dispositif sur l'ensemble du territoire.
« Compte tenu des bénéfices observés, indique le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, il est désormais envisageable d’implanter à plus grande échelle l’intervention communautaire et ainsi de renforcer la réduction des risques parmi les usagers de droguesCe type d’intervention pourrait également être très utile dans les pays où la population des usagers de drogues est importante et très concernée par le risque de contamination par le VIH et l’hépatite C », poursuit-il.
Même son de cloche du côté de AIDES : « nous ne pouvons nous permettre d'attendre encore 5 ans pour rendre accessible ce dispositif aux usagers qui en ont le plus besoin. On estime aujourd'hui que plus des deux tiers des usagers de drogues par injection sont porteurs de l'hépatite C, dont une grande partie l'ignore. Le temps n'est pas à la tergiversation ou aux considérations idéologiques. Nous sommes dans un contexte d'urgence sanitaire, il faut agir, et agir vite » explique Bruno Spire, président de AIDES.

Trois salles de shoot en préparation en France 
Pourtant, dans les faits, l'instauration de la première salle de shoot en France coince encore. Celle annoncée à Paris dans le quartier de la Gare du Nord  (Xe) n'a en effet toujours pas vu le jour. En décembre 2012, le Conseil de Paris avait donné son feu vert à une telle installation prévue en octobre-novembre 2013, avant que cette autorisation ne suscite de nombreuses protestations d'associations de riverains. Résultat, peu avant l'ouverture, le Conseil d'Etat avait émis un avis négatif, demandant l'adoption d'une loi avant toute mise en place d'un tel dispositif.
Sauf qu'au mois de janvier 2014, lors de la présentation du plan de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), sa directrice, Danièle Jourdain-Menninger, a affirmé qu'une telle installation, à titre d'expérimentation, était bien à l'ordre du jour dans le cadre du nouveau plan de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Cette dernière avait même annoncé que deux autres salles de shoot étaient en préparation dans d'autres villes françaises.



 

 
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