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QUESTION D'ACTU

Oxygénation du greffon, pansement pour les plaies...

Un ver marin promet de révolutionner la transfusion sanguine

Une start-up a découvert un ver marin capable d’acheminer cinquante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. En oxygénant davantage le greffon, il pourrait réduire les risques de rejet.

Un ver marin promet de révolutionner la transfusion sanguine CLAVIERES VIRGINIE/SIPA

  • Publié 25.05.2014 à 16h42
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Avez-vous déjà entendu parler d'un Breton aux pouvoirs exceptionnels ? Si à cette question vous pensez au célèbre druide « Merlin l'enchanteur » c'est que vous avez sans doute raté un épisode. Celui d'un petit ver marin présent sur les plages de Bretagne susceptible de révolutionner très prochainement la médecine.
« J'ai identifié une molécule qui est un transporteur d'oxygène universel qui pourrait ainsi être transfusée à tous les groupes sanguins », a confié récemment à l'Agence France Presse (AFP) le Dr Franck Zal, l'un des fondateurs d'Hemarina, la société bretonne qui a fait cette découverte. Depuis Morlaix (Finistère) où la  start-up est implantée, il poursuit : « Cette molécule est issue de l'arénicole, un ver marin de couleur rouge-orangé mesurant entre 10 et 15 cm. »

Réduire les risques de rejet du greffon
Et ce ver que l'on retrouve aussi sur les plages des mers du Nord ou de la Manche possède bel et bien une hémoglobine aux vertus extraordinaires. Celle-ci est en effet capable d'acheminer cinquante fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine.
La découverte constitue un grand espoir pour la médecine, notamment dans le domaines des greffes. « L'hémoglobine de ce ver permet d'oxygéner le greffon et donc de réduire considérablement les risques de rejet de greffe », assure l'entrepreneur breton de 47 ans, dont les résultats ont été publiés dans de nombreuses revues scientifiques.
« L'organe est conservé dans un état physiologique proche de l'organisme du donneur », assure-t-il. « Pour toute la communauté de la transplantation c'est un énorme espoir parce que c'est la première fois depuis très longtemps qu'on a peut-être une possibilité d'améliorer la conservation et la préservation des greffons », s'est enthousiasmé pour sa part le Pr Yannick Le Meur, chef du service néphrologie à l'hôpital de la Cavale Blanche (Brest). Ce dernier est d'ailleurs responsable du premier essai clinique portant sur une soixantaine de patients qui aura lieu à la fin de l'année dans six centres hospitaliers de France.

Vers un nouveau pansement pour soigner les plaies chroniques
Par ailleurs, l’hémoglobine de l’arénicole entraîne aussi d'autres espoirs. Selon ces scientifiques français, elle permettrait également d’imaginer des pansements thérapeutiques capables de soigner des plaies chroniques, comme les ulcères du pied diabétique ou les escarres, grâce à un apport ciblé d’oxygène. « L’utilité de ce pansement est grande pour la médecine car il y a, rien qu’en France, plus de 350 000 plaies chroniques par an en attente d’un traitement réellement efficace », a détaillé le Dr Franck Zal auprès de l'AFP.

Un sang compatible avec tous les groupes sanguins
Enfin, dernière piste thérapeutique pensée par ces chercheurs, celle d'utiliser ce ver dans la lutte contre l’anémie aiguë ou les syndromes hémorragiques lors de chocs traumatiques. Cette application est en cours de développement avec la marine américaine. « L’US Navy voudrait avoir des doses d’hémoglobine en poudre, pouvant être reconditionnées et injectées directement sur des militaires blessés sur des champs de bataille », commente Franck Zal. Ce docteur souligne au passage qu’il manque 100 millions de litres de sang par an pour satisfaire les besoins de la population mondiale du fait de la baisse de dons du sang. Et qu'aujourd'hui, « les seuls produits comparables, issus d’hémoglobine humaine ou bovine modifiée chimiquement, ont des effets secondaires importants. Avec notre substitut sanguin, on pourrait pallier ce manque avec un produit lyophilisé et pouvant être transfusé sans problème de typage sanguin », promet-il.

Actuellement élevés aux Pays-Bas, les vers utilisés pour la production industrielle de ce produit sanguin baptisé « HEMO2Life », le seront prochainement dans une ferme de Noirmoutier (Vendée). A la clé de cette relocalisation, « la création de plusieurs dizaines d'emplois », assure cette start-up française.

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