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QUESTION D'ACTU

Dans les pharmacies le 7 avril

Dysfonction érectile : une nouvelle pilule stimule le marché

Alors qu’un nouveau facilitateur d’érection arrive bientôt en pharmacie, les experts de la dysfonction érectile rappellent que ces comprimés ne sont pas destinés aux hommes angoissés par la panne.  

Dysfonction érectile : une nouvelle pilule stimule le marché Geoff Moore / Rex Featu/REX/SIPA

  • Publié 31.03.2014 à 07h00
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Après 40 ans, un homme sur trois après serait concerné par un problème d’érection d’après les données épidémiologiques, soit plus de 2 millions de Français victimes de ce trouble qui affecte profondément la vie sexuelle. Alors que les patients atteints par cette défaillance érectile qui survient lorsque le sang ne peut pas suffisamment arriver ou rester longtemps dans le pénis pour provoquer ou maintenir l’érection, ont déjà à leur disposition 3 médicaments (Viagra®, Levitra®, Cialis®), un nouveau « facilitateur » débarque bientôt dans les pharmacies. A partir du 7 avril, le Spedra® contenant une nouvelle molécule, l’avanafil, rejoindra donc l’arsenal thérapeutique des inhibiteurs de la PDE5 disponibles pour les 600 000 Français déjà sous traitement. Pourquoidocteur fait le point sur les médicaments de la dysfonction érectile.

 

Qui est concerné par les traitements ?  

« Sur les 2 millions d’hommes qui ont des troubles de l’érection, il n’y en a pas 2 millions qui en souffrent et tous ne souhaitent pas de traitement », précise le Pr Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes. Chez les hommes pour qui la dysfonction érectile est avérée médicalement et qui sont potentiellement concernés par les traitements médicamenteux, la principale indication reste la souffrance et le besoin d'en sortir. Ensuite, pour identifier ceux qui sont concernés par ces médicaments, il est important de faire la différence entre la simple panne sexuelle  et le véritable trouble de de l'érection.  « La dysfonction érectile, ça se définit par quelque chose qui se répète à chaque fois qu’il y a un rapport sexuel pendant au moins 3 mois, précise le Pr  Droupy. Ce n’est pas forcément une absence totale d’érection, mais à chaque fois que l’homme veut avoir un rapport, il n’a pas une érection sexuellement satisfaisante ».
Face à une plainte de la part d’un patient, le médecin tente alors d’établir un diagnostic et de trouver l’origine du trouble de l’érection qu’elle soit physique ou psychologique. Lui seul décidera ou non de la prescription d’un inhibiteur de la PDE5.

 

Ecoutez le Pr François Giuliano, urologue et andrologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches : « Le médecin fait une enquête pour trouver les causes potentielles ou avérées de la dysfonction, et seulement après il propose un inhibiteur de la PDE5. »

 

Comment fonctionnent ces médicaments ?

Tous les médicaments de cette classe thérapeutique (les inhibiteurs de la PDE5) ont à peu près la même façon d’agir sur la dysfonction érectile. Aucun d’entre eux n’accroît la libido Si la difficulté érectile vient de là, aucun doute, les pilules n'agiront pas. En revanche, le Viagra®, le Levitra®, le Cialis® et le Spedra® vont améliorer et prolonger l’érection naturelle. Sans déclencher pour autant l’érection, ces médicaments permettent tous, face à une stimulation sexuelle, que la durée et la qualité de celle-ci soit plus satisfaisante.
« A l’intérieur du pénis, le tissu caverneux, qui est une espèce d’éponge, va se relâcher au moment de l’érection pour permettre au sang de rentrer et de le gonfler, explique le Pr Droupy. Ces médicaments favorisent donc le relâchement de cette éponge tout en permettant à davantage de sang de rester dans le pénis et plus longtemps ».
Cependant, si globalement tous les médicaments ont une efficacité équivalente, le laboratoire Menarini qui commercialise le Spedra promet un effet plus rapide par rapport aux autres traitements. « Vraisemblablement, il a un début d’efficacité un peu plus rapide que les autres, une durée d’action au delà de 6 heures par rapport à 4-5 heures pour Viagra et Levitra », précise le Pr Giuliano. Cependant, pour le dernier arrivé comme pour les autres, tous les experts s’accordent pour dire qu’ils ne fonctionnent pas chez quelques patients.

 

Ecoutez le Pr Thierry Lebret, urologue et secrétaire général de l’AFU : « On a des échecs avec ceux qui ont eu une prostatectomie radicale ou certains diabétiques, mais pour eux on a d’autres traitements comme les injections ou les prothèses ».

 

Quelles sont les contre-indications et les effets secondaires ?

Globalement tous les médicaments de cette famille thérapeutique ont la même contre-indication formelle. Il ne peuvent pas être associés à un médicament de la classe des dérivés nitrés, c’est-à-dire une molécule prescrite contre l’angine de poitrine.
De plus, certaines catégories d’hommes ne peuvent pas en prendre. « Ce sont les hommes qui ont une maladie cardiovasculaire ou neurologique non stabilisée, les patients qui ont eu un infarctus ou un AVC il y a moins de 6 mois ou qui ont une insuffisance cardiaque importante », explique Stéphane Droupy. Ce sont en réalité tous les patients pour qui une activité physique et donc sexuelle fait courir un risque. Mais si un patient peut monter deux étages sans s’arrêter, il est donc capable d’avoir un rapport sexuel et donc potentiellement un traitement du type inhibiteur de la PDE5. Sur les effets secondaires de ces médicaments, même si les laboraoires vont valoir leur différence, pour les experts, tous ces médicaments ont globalement la même tolérance, avec les mêmes effets secondaires les plus fréquents.

 

Ecoutez le Pr Stéphane Droupy, urologue au CHU de Nîmes : « L’effet le plus fréquent ce sont des maux de tête, la sensation d’avoir le nez bouché qui surviennent chez environ 10% des gens en début de traitement et avec le temps, c’est moins fréquent. »

 

Des pilules pour les petites pannes ou les troubles sévères ?

« La pilule miracle n’existe pas, mais en pratique ce sont des médicament qui sont efficaces chez environ 70% des hommes, bien sûr en fonction du degré de la sévérité de la dysfonction érectile, précise Stéphane Droupy. Donc globalement au moment où le Viagra est arrivé sur le marché, cela a été une véritable révolution car on avait rien du tout pour les traiter facilement ». Avec l’arrivée d’un nouveau traitement, annoncé avec une durée d’action encore plus rapide que les autres, certains hommes, sans problèmes pathologiques, pourraient être tentés de vouloir essayer pour contrer l’angoisse de la petite panne. Les spécialistes rappellent que ces médicaments  doivent être réservés aux hommes atteints par une véritable dysfonction érectile. Elargir ces comprimés au grand public pourrait même être dangereux, concluent-ils.

Ecoutez le Pr Thierry Lebret : « Tous les hommes ont un jour une panne sexuelle et il ne faut surtout pas la traiter pharmacologiquement. Dans la majorité des cas, la panne est psychogénique et il y a un risque à prendre ces médicaments. »

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