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Alimentation

Fructose et glucose : deux sucres simples, des effets différents ?

Une étude montre que ces deux glucides simples ne jouent pas le même rôle, notamment dans le cerveau.

Fructose et glucose : deux sucres simples, des effets différents ? Natalia_Grabovskaya/iStock




L'ESSENTIEL
  • Le glucose est le carburant directement utilisé par la plupart des cellules, tandis que le fructose est surtout métabolisé par le foie et a un goût plus sucré.
  • Des chercheurs américains ont identifié une voie de signalisation intestin-cerveau spécifique, non empruntée par le glucose, par laquelle le fructose communique avec le cerveau.
  • Après la consommation de fructose, qui inhibe moins efficacement les neurones de la faim, le cerveau reçoit un signal de satiété plus faible, ce qui pourrait contribuer à une plus grande envie de manger ou à une préférence accrue pour certains aliments sucrés.

Parmi les glucides simples, qui présentent souvent une saveur sucrée, on retrouve le fructose et le glucose, que l’on retrouve à environ 50 % chacun dans le sucre de table (saccharose). Bien que ces derniers fassent partie de la même famille, celle des monosaccharides, et partagent la même formule chimique, ils se distinguent par leur goût et la façon dont l'organisme les utilise.

Fructose et glucose : leur absorption et leur métabolisme sont différents

Selon l’Anses, le glucose est présent dans la plupart des produits végétaux au goût sucré (fruits, miel, certains légumes) mais aussi à l’état libre dans les fluides biologiques (notamment le sang). Ce glucide, dont le goût est moins sucré, passe rapidement dans le sang et augmente fortement la glycémie. Le glucose est le carburant principal des cellules. Quant au fructose, dont le goût est plus sucré, il est très répandu dans la nature, dans les fruits en particulier et dans plusieurs légumes. "Il est présent dans l’inuline de racines ou les tubercules de certaines plantes (artichaut, oignon, chicorée, topinambour)", indique l’agence. En clair, de nombreux végétaux contiennent naturellement du fructose et du glucose. Cependant, le fructose est absorbé puis principalement transformé par le foie. Ce dernier est souvent converti en glucose, glycogène ou lipides par le foie. Contrairement au glucose, il augmente peu directement la glycémie.

Le fructose envoie un signal de satiété plus faible au cerveau que le glucose

Mais ce n’est pas tout : le cerveau ne perçoit pas le fructose et le glucose de la même manière, selon une étude publiée dans la revue Neuron. Afin de parvenir à cette conclusion, des chercheurs du Monell Chemical Senses Center (États-Unis) sont partis d’un constat. "Les deux sucres ont des valeurs de renforcement très différentes. Bien que tous deux soient agréables au goût, seul le glucose, et non le fructose, favorise les préférences gustatives. Ces différences suggèrent que le fructose et le glucose influencent différemment la signalisation entre l'intestin et le cerveau." Dans les recherches, l’équipe a ainsi voulu déterminer comment ces signaux sont représentés dans les circuits cérébraux de la prise alimentaire.

Pour ce faire, les auteurs ont enregistré l'activité des neurones hypothalamiques à protéine apparentée à l'agouti (AgRP), des cellules cérébrales clés impliquées dans la régulation de la faim, chez des souris ayant été nourries avec du fructose et du glucose. Selon les résultats, le fructose déclenchait une augmentation de l'hormone intestinale PYY, qui agissait ensuite par le biais du nerf vague pour inhiber légèrement les neurones AgRP. L'inhibition de cette voie bloquait l'effet du fructose sur ces neurones. En revanche, le glucose n'empruntait pas cette même voie et provoquait une forte suppression de l'activité des neurones AgRP. En clair, le fructose est beaucoup moins efficace que le glucose pour réduire l'activité des neurones liés à la faim.

"Cette réponse neuronale atténuée au fructose n'a pas modifié la consommation alimentaire à court terme, mais a fourni des informations précieuses sur les préférences alimentaires, démontrant que des variations de l'activité des neurones AgRP suffisent à orienter les choix alimentaires", peut-on lire dans les travaux. Plus précisément, les souris développaient des préférences alimentaires liées au niveau d'inhibition des neurones AgRP associé à chaque sucre.

"Les neurones font la distinction entre les sucres et y répondent par des voies biologiques différentes"

Pour aller plus loin, les scientifiques ont également analysé le sirop de maïs à haute teneur en fructose, un additif alimentaire courant contenant un mélange de fructose et de glucose. Les souris préféraient ce sirop contenant les deux sucres simples plutôt que le fructose et le glucose seuls. Dans le détail, le sirop inhibait plus fortement les neurones AgRP que le fructose seul. "Ceci pourrait expliquer pourquoi certaines personnes trouvent les aliments et les boissons contenant du sirop de maïs à haute teneur en fructose particulièrement appétissants. (…) Ces données remettent en question l'idée longtemps admise selon laquelle les neurones AgRP, impliqués dans la faim, suivent l'apport calorique indépendamment de la source des nutriments. Ils suggèrent plutôt que ces neurones font la distinction entre les sucres et y répondent par des voies biologiques différentes."

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