- La fourmi électrique progresse dans le Var avec un troisième foyer détecté.
- Elle est dangereuse pour l’Homme et la biodiversité.
- Un traitement inédit et la vigilance des habitants sont essentiels.
Invisible ou presque, la fourmi électrique, initialement rencontrée en Amérique du Sud, inquiète les autorités françaises. Dans le Var, seul département concerné jusqu’ici, un troisième foyer a été détecté en mars 2026 à Cavalaire-sur-Mer, confirmant la progression de cette espèce exotique envahissante. Dangereuse pour l’être humain mais surtout pour la biodiversité, elle est aujourd’hui surveillée par les autorités pour éviter sa propagation.
Une espèce minuscule aux effets dévastateurs
De couleur brune ou orangée, la fourmi électrique, ou "fourmi de feu", mesure à peine 1 à 4 millimètres (les reines). Mais sa piqûre, décrite comme une décharge électrique, peut provoquer des douleurs particulièrement intenses, des cloques et des réactions allergiques sévères, qui peuvent aller jusqu’au choc anaphylactique, selon les études. Et pour cause, le venin qu’elles injectent, grâce à un dard, serait tout bonnement le plus irritant au monde, selon National Graphic.
Mais la véritable menace est écologique : cette espèce invasive s’attaque aux insectes, aux oiseaux et aux petits mammifères, tout en favorisant la prolifération de pucerons et cochenilles, nuisibles pour l’agriculture. Elle est aussi dangereuse pour les animaux domestiques, qu'elle peut rendre aveugles. Or, problème : les colonies, composées de millions d’individus, sont difficiles à détecter car elles se développent sous terre, dans les jardins ou les habitations.
Face à cette menace, les autorités passent à l’action. Lors d’une conférence de presse, le préfet du Var, Simon Babre, a annoncé l’autorisation d’un traitement par saupoudrage d’insecticide, une première en France. Environ quatre hectares seront traités à Toulon et à La Croix-Valmer pendant 180 jours. Jusqu’ici, des pièges en granulés étaient utilisés, mais leur efficacité restait limitée. Comme l’explique à l'AFP Olivier Blight, chercheur à l’Université d’Avignon et spécialiste de cette espèce, "la probabilité que les fourmis les rencontrent était faible". Désormais, des drones seront mobilisés pour traiter les zones escarpées. Les autorités se veulent rassurantes : "Les quantités de produit dispersées sont infinitésimales, on parle de quelques grammes par mètre carré", précise Olivier Blight.
Nettoyer la zone et appliquer du froid
La stratégie repose aussi sur la vigilance collective. Un comité départemental coordonne ainsi la lutte et encourage les habitants à signaler toute présence suspecte. Des réunions publiques et des campagnes d’information sont également prévues par les autorités locales.
En cas de piqûre, les experts recommandent de nettoyer la zone, d’appliquer du froid et de surveiller les symptômes. En cas de réaction grave (gêne respiratoire, malaise, gonflement du visage ou de la gorge, urticaire généralisée), il faut appeler immédiatement les secours.


