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Psychiatrie

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ?

La mutation du gène grin2a perturbe la capacité des personnes atteintes de schizophrénie à adapter leur interprétation du monde face à de nouvelles informations. 

Schizophrénie : une mutation génétique en cause ? silverkblack/iStock




L'ESSENTIEL
  • Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie.
  • Cette mutation du gène grin2a perturbe la capacité de la personne à adapter son interprétation du monde face à de nouvelles informations.
  • Mais en agissant sur cette mutation du gène grin2a, les scientifiques ont réussi à inverser son effet et à restaurer un comportement normal chez la souris.

Environ 23 millions de personnes sont touchées par la schizophrénie dans le monde, soit une sur 345, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette pathologie se caractérise par une altération de la perception de la réalité et des troubles du comportement. Pour l’instant, la recherche n’a pas identifié une cause exclusive. L’origine de la schizophrénie pourrait être génétique, environnementale, liée à des facteurs psychosociaux ou encore à forte consommation de cannabis. 

Une mutation génétique perturbe l'interprétation du monde

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Neuroscience, ont mieux compris le rôle d’une mutation génétique dans la schizophrénie. Plus précisément, il s’agit de la mutation du gène grin2a, déjà identifié dans plusieurs études génétiques sur la schizophrénie. Celle-ci perturbe un circuit cérébral clé, reliant le thalamus au cortex préfrontal, qui joue un rôle essentiel dans la prise de décision et la capacité à adapter son interprétation du monde en fonction de nouvelles informations. Si ce circuit ne fonctionne pas correctement, l'intégration rapide des informations est impossible, explique Guoping Feng, l’un des auteurs, dans un communiqué. Nous sommes convaincus que ce circuit est l'un des mécanismes contribuant aux troubles cognitifs qui constituent une part importante de la schizophrénie.

Pour le vérifier, les scientifiques ont créé des souris porteuses de cette mutation. Ils ont ensuite mis au point un test dans lequel les rongeurs devaient choisir entre deux options pour avoir une récompense : un levier leur permettait d’obtenir une goutte de lait en appuyant six fois ; tandis que l'autre offrait trois gouttes par pression. Face à ces choix, les souris ne présentant pas de mutation comprenaient vite que le deuxième levier était le meilleur. En revanche, celles porteuses de la mutation mettaient beaucoup plus de temps à se décider.

Inverser l’effet de la mutation génétique en stimulant les neurones du thalamus

Notre cerveau peut construire une représentation initiale de la réalité, indique Tingting Zhou, coautrice. Lorsque de nouvelles informations sensorielles arrivent, un cerveau neurotypique est capable de s’en servir pour mettre à jour cette représentation. Cela nous permet d’élaborer une nouvelle perception qui se rapproche de la réalité. Chez les patients atteints de schizophrénie, ce mécanisme fonctionne différemment : ils accordent trop de poids à leur représentation initiale. Ils utilisent moins les informations nouvelles pour la réviser, si bien que leur perception finale peut se retrouver déconnectée de la réalité.

Les chercheurs ont ensuite voulu inverser les effets comportementaux de cette mutation chez les souris. Pour cela, ils ont agi sur les neurones du thalamus pour les activer et ont ainsi réussi à inverser l’effet de la mutation et à restaurer un comportement normal chez les rongeurs. À terme, ce mécanisme pourrait permettre la mise au point de nouveaux traitements contre la schizophrénie.

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