- Jusqu’ici, l'évolocumab, un médicament pour réduire le "mauvais" cholestérol, était prescrit après un premier événement cardiovasculaire chez les personnes diabétiques.
- Cependant, selon une étude, ce traitement devrait être utilisé beaucoup plus tôt, car il peut empêcher la survenue d’un premier événement cardiovasculaire, même chez des adultes qui ne présentent pas encore d'athérosclérose.
- Chez les patients recevant l'évolocumab, le taux d’effets secondaires à cinq ans était de 5 %, contre 7,1 % chez ceux bénéficiant du placebo, ce qui suggère une bonne tolérance du traitement.
La réduction intensive du taux de cholestérol LDL par les inhibiteurs de PCSK9, comme l’évolocumab, pour la prévention des troubles cardiovasculaires a été principalement réservée aux patients atteints d'athérosclérose connue (à savoir une accumulation de plaque sur la paroi des artères). Dans une nouvelle étude, des scientifiques du Mass General Brigham (États-Unis) ont constaté que ce traitement ciblé pour réduire le cholestérol était aussi efficace chez les personnes diabétiques à haut risque ne présentant pas d'athérosclérose.
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont mené un essai randomisé, contrôlé par placebo, évaluant l'évolocumab. Dans le détail, ils ont recruté 12.257 patients, sans antécédent d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral, provenant de 33 pays. Les participants, âgés en moyenne de 65 ans, présentaient des taux de cholestérol LDL supérieur ou égal à 90 mg/dL et un diabète à haut risque, qui était défini une maladie d'une durée d'au moins 10 ans, nécessitant une insulinothérapie quotidienne ou à une atteinte microvasculaire. Les volontaires ont reçu des injections d'évolocumab (140 mg) toutes les deux semaines ou un placebo. Les patients des deux groupes ont également poursuivi leur traitement hypolipémiant standard, incluant des statines et de l'ézétimibe.
Les patients diabétiques recevant l'évolocumab ont un risque plus faible de premier événement cardiovasculaire
Dans le groupe recevant l'évolocumab, une baisse d’environ 60 % du taux de cholestérol a été observé au cours de l’intervention. Après 48 semaines de suivi, le taux de LDL-C était inférieur d'environ 51 % dans le groupe ayant bénéficié du puissant inhibiteur de PCSK9 par rapport au groupe placebo (52 mg/dL contre 111 mg/dL). "Un premier événement cardiovasculaire majeur (crise cardiaque, maladie coronarienne, AVC) est survenu chez 127 patients du groupe évolocumab, en plus d’un traitement hypolipémiant standard, contre 178 patients du groupe placebo. On a dénombré 136 décès dans le groupe ayant reçu l’évolocumab, contre 172 décès dans le groupe placebo", peut-on lire dans les résultats publiés dans la revue JAMA.
En ce qui concerne les effets indésirables à cinq ans, le taux était de 5 % chez les adultes recevant l'évolocumab, contre 7,1 % chez ceux recevant le placebo. La fréquence des événements indésirables graves était similaire dans les deux groupes (évolocumab et placebo), ce qui suggère une bonne tolérance du traitement dans cette population.
"Modifier notre approche de la prévention des infarctus, des AVC et des maladies cardiovasculaires"
"Pendant plus de dix ans, les traitements hypolipémiants intensifs ont été réservés aux patients déjà atteints d'une maladie cardiovasculaire. Ces travaux démontrent l’intérêt d’une réduction intensive et précoce du cholestérol et devraient modifier notre approche de la prévention des infarctus, des AVC et des maladies cardiovasculaires chez les patients sans athérosclérose significative connue", a conclu Nicholas A. Marston, cardiologue au Mass General Brigham Heart and Vascular Institute et auteur principal de l'étude, avant de souligner l’importance de mener des recherches complémentaires pour déterminer si des bénéfices similaires s'étendent à d'autres groupes de patients à haut risque sans athérosclérose avérée.



