- Après un stress important, le cerveau humain ne récupère pas immédiatement.
- Le cerveau commence à aller mieux environ une heure plus tard, selon une nouvelle étude.
- Cette phase de récupération correspond à une réorganisation spécifique des réseaux cérébraux appelée “fenêtre de résilience”.
Lors d’un épisode de stress, notre cerveau est mis à rude épreuve. Et il peut avoir un peu plus de mal à s’en remettre que d’autres variables physiologiques. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, la fréquence cardiaque et le taux de cortisol, l’hormone du stress, reviennent en effet plus rapidement à leur niveau de base que l’activité cérébrale.
Psychologie : la résilience n'est pas liée à la simple force de caractère
Lors de leurs travaux, les chercheurs ont voulu mesurer la résilience psychologique, c’est-à-dire la capacité à se remettre d’un événement. Pour eux, celle-ci est souvent perçue, à tort, comme étant liée à la force de caractère. En réalité, il s’agit d’un mécanisme physiologique, qu’ils ont souhaité étudier de façon scientifique. "La plupart des recherches sur la résilience s’appuient sur des modèles animaux, en la définissant comme l’absence de comportements semblables à ceux de la dépression, explique la Dre Noriya Watanabe, l’une des auteures de l’étude, dans un communiqué. Mais la résilience humaine est plus complexe. Elle implique le sentiment d'efficacité personnelle et l'expérience passée, des éléments qu'on ne peut pas évaluer chez une souris. Pour comprendre ces mécanismes, nous avons dû étudier directement le cerveau humain dans sa manière de s’adapter”.
Pour cela, ils ont suivi une centaine d'adultes ayant été exposés à un facteur de stress aigu, matérialisé par une immersion dans de l’eau froide. Lors de l’expérience, les chercheurs ont mesuré plusieurs variables physiologiques, comme la fréquence cardiaque et le taux de cortisol, mais aussi ceux relatifs à la récupération cérébrale. Ceux-ci étaient mesurés par deux examens : l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et l’électroencéphalogramme (EEG).
Une heure après un épisode de stress, le cerveau récupère toujours
Les indicateurs périphériques de stress, comme la fréquence cardiaque et le taux de cortisol, sont revenus à leur niveau de base relativement rapidement. En revanche, les mesures relevées par l'IRMf et l'EEG ont révélé que la réorganisation cérébrale était beaucoup plus lente. Dans le détail, le mécanisme de "fenêtre de résilience" est, selon les auteurs, une phase de récupération durant laquelle les réseaux cérébraux se réorganisent. Celui-ci intervient en moyenne une heure après l’épisode de stress, moment à partir duquel les scientifiques ont observé une diminution des indicateurs relevés par l'IRMf et l'EEG.
"Au bout d'une heure, alors que les symptômes physiques du stress avaient disparu, des modifications cérébrales inconscientes étaient encore en cours, explique le Dr Masaki Takeda, principal auteur de l'étude. Ce timing précis permettait d’expliquer les différences individuelles en matière de résilience bien mieux que toute réponse immédiate”. Ces marqueurs cérébraux pourraient servir d’indicateurs pour mieux comprendre certains troubles comme le stress post-traumatique ou la dépression. À terme, ils pourraient permettre aux scientifiques de mettre au point de nouveaux traitements plus adaptés pour aider ces patients.



