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QUESTION D'ACTU

Dépression

Vous parlez souvent à une IA ? Cela pourrait en dire long sur votre santé mentale

Des chercheurs américains ont mis en évidence un lien entre l'interaction quotidienne avec une intelligence artificielle comme ChatGPT et des symptômes dépressifs, en particulier chez les plus de 45 ans.

Vous parlez souvent à une IA ? Cela pourrait en dire long sur votre santé mentale hapabapa / istock




L'ESSENTIEL
  • L’utilisation quotidienne d’une IA conversationnelle peut être liée à la dépression, selon une étude.
  • L’hypothèse que cette utilisation soit motivée par la solitude est tout à fait plausible.
  • Des experts appellent à concevoir des IA plus sûres et adaptées aux besoins psychologiques des usagers.

Passer son temps à "discuter" avec des intelligences artificielles (IA) conversationnelles comme ChatGPT, Google Gemini ou Copilot, ne serait pas si anodin : les personnes qui interagissent chaque jour avec ces outils ont environ 30 % de chances en plus de présenter des symptômes dépressifs modérés, selon une étude publiée dans le JAMA Network Open.

Dépression, anxiété et irritabilité

Pour arriver à ce chiffre, l’équipe du Dr Roy Perlis, psychiatre au Massachusetts General Hospital rattaché à l’université de Harvard, a analysé les réponses de près de 21. 000 adultes américains interrogés en avril et mai 2025. À partir d’un questionnaire standard d’évaluation de la santé mentale, les chercheurs ont pu observer "une corrélation nette entre usage quotidien de l’IA et troubles dépressifs, anxiété ou irritabilité", peut-on lire dans un communiqué. A noter que les 45-64 ans sont les plus touchés : leur risque est augmenté de 54 %, contre 32 % chez les 25-44 ans. Un constat qui fait dire aux experts que certaines tranches d’âge pourraient être plus vulnérables que d’autres face à ce type d’interactions virtuelles.

Problème, l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité formel. En clair : est-ce l’œuf ou la poule ? Est-ce l’utilisation des IA qui favorise les symptômes dépressifs, ou les personnes déjà en souffrance qui se tournent vers elles pour chercher du soutien ? Pour la Dre Sunny Tang, psychiatre à Northwell Health à New York, l’hypothèse que cette utilisation soit motivée par la solitude – un sentiment éprouvé régulièrement par 44 % des Français – est tout à fait plausible : "Beaucoup de gens se sentent de plus en plus isolés aujourd’hui, notamment à cause du télétravail. Or, on sait que la solitude est un facteur majeur de troubles comme la dépression, l’anxiété ou l’irritabilité."

Eviter que les IA n’aggravent la santé mentale

La relation entre IA et santé mentale mériterait, selon la spécialiste, d’être explorée dans les deux sens : "Comment l’IA peut-elle nuire à la santé mentale ? Et inversement, comment notre santé mentale influence-t-elle notre manière d’utiliser ces technologies ?" L’étude souligne l’intérêt de concevoir des outils qui prendraient en compte les besoins psychologiques des usagers. Des garde-fous, par exemple, devraient être placés pour éviter que les IA n’aggravent la souffrance mentale ou donnent des conseils inadaptés. "Les entreprises doivent garder à l’esprit que des personnes souffrant de troubles mentaux vont aussi interagir activement avec leurs technologies. Et comme tout médecin le sait : d’abord, ne pas nuire", conclut la Dre Tang.

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