- Le trouble du deuil prolongé est un trouble psychiatrique où le patient ne parvient pas à faire son travail de deuil.
- Une étude montre que la mort d'un animal de compagnie peut induire un deuil prolongé.
- Il ne faut pas hésiter à consulter en cas de difficultés liées à un deuil.
Pour beaucoup, les animal de compagnie sont des membres à part entière de la famille. Ils sont à nos côtés lors des étapes importantes de nos vies, nos bons moments comme les mauvais. Leur perte apporte une grande souffrance. Si grande que le deuil de nos amis à quatre pattes peut être aussi douloureux que celui d’un proche.
Une étude publiée dans PLOS One révèle que certains maîtres peuvent aussi développer un trouble du deuil prolongé, une forme pathologique du deuil.
Perdre un animal de compagnie ou un ami : même souffrance ?
Pour cette étude, les chercheurs ont interrogé 975 adultes vivant au Royaume-Uni. Un tiers d’entre eux avaient perdu un animal domestique et quasiment tous avaient dû faire face à la mort d’un proche. 21,0 % des maîtres ont choisi la mort de leur animal de compagnie comme la plus pénible. "De nombreux propriétaires d'animaux de compagnie éprouvent un deuil intense après la mort de leur animal de compagnie, et beaucoup signalent également des sentiments de honte, d'embarras et d'isolement à la suite de l'expression de leur chagrin pour leur animal de compagnie décédé", ajoutent les auteurs.
Parmi les propriétaires de chien ou de chat endeuillés, 7,5 % répondaient aux critères diagnostiques du deuil prolongé. Ce taux est similaire aux personnes ayant perdu un ami proche (7,8 %) ou encore un grand-parent (8,3 %), un frère ou une sœur (8,9 %) ou leur partenaire (9,1 %). Selon les données, seul le décès d’un parent (11,2 %) ou d’un enfant (21,3 %) entraînait des risques bien supérieurs de deuil prolongé.
Par ailleurs, les symptômes du trouble se manifestaient "de la même manière, quelle que soit l'espèce du défunt".
"La CIM-11 et le DSM-5-TR ne permettent pas de diagnostiquer le deuil prolongé à la suite de la mort d'un animal de compagnie, mais ces résultats démontrent que les personnes peuvent ressentir des niveaux de deuil cliniquement pertinents après la mort d'un animal de compagnie, et à des taux comparables aux pertes humaines qui sont considérées comme des facteurs de risque « légitimes » pour le deuil prolongé."
Deuil prolongé : qu’est-ce que c’est ?
Le deuil est un processus douloureux, mais essentiel après la mort d’un proche. Si chacun le vit différemment, plusieurs phases traversées ont été identifiées. En premier lieu, il y a le choc. Lors de cette étape, la personne est dans un état de sidération, comme anesthésiée. Viennent ensuite le déni, la colère ou encore le marchandage (négociations intérieures pour éviter la douleur et la réalité). Et bien sûr, il y a de la tristesse. Elle est généralement accompagnée d’un retrait social, d’un sentiment d'abattement, des pleurs… Ensuite survient l’étape de la résignation. Cette dernière permet la survenue de la phase finale : l’acceptation. La personne endeuillée parvient à faire face et à intégrer sa nouvelle réalité sans l’être aimé. Les étapes du deuil ne sont pas forcément toutes vécues par tout le monde ou dans le même ordre. De plus, certaines personnes ne semblent pas du tout parvenir à avancer sur ce chemin de l'acceptation. Elles semblent comme bloquées…
Le deuil prolongé classé comme un trouble mental
Ce trouble psychique, baptisé deuil prolongé, fait débat parmi les professionnels de santé mentale. Toutefois, malgré les polémiques, il est inscrit dans le manuel de diagnostic des troubles mentaux DSM 5 en 2022 et dans la Classification internationale des maladies (CIM-11) en 2018. Les personnes qui en souffrent peuvent présenter une incapacité fonctionnelle importante, des ruminations envahissante, nostalgie liée à l'état de manque du défunt et faire une fixation sur ce genre de pensée, un engourdissement émotionnel... Elles peuvent aussi développer des complications : anxiété, dépression, comportement à risque, addiction, suicide, maladie somatique.
Face à un travail de deuil compliqué, il ne faut pas hésiter à en parler, aussi bien à ses proches qu’à des professionnels de santé. Il est aussi recommandé de renforcer les facteurs de résilience en s'appuyant sur ses liens sociaux (famille, ami…), avoir des rituels honorant le défunt (cérémonie commémorative, planter un arbre, réaliser un de ses projets…) et surtout prendre soin de soi (activités planantes, se faire aider…).


