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Grossesse : ce trouble accroît le risque de complications

Les femmes enceintes ayant une pression artérielle élevée sont plus susceptibles de subir des complications maternelles et fœtales.

Grossesse : ce trouble accroît le risque de complications  globalmoments/iStock




L'ESSENTIEL
  • Une pression artérielle maternelle élevée réduit la durée de la grossesse et la croissance fœtale.
  • En outre, ce problème de santé, le plus fréquent chez les femmes enceintes, augmente les risques de déclenchement du travail, de diabète gestationnel et d'admission en unité de soins intensifs néonatals.
  • Selon les chercheurs, ces résultats montrent l’importance de mettre en place des interventions aidant les patientes à maintenir une tension artérielle normale.

Lorsqu’une élévation anormale de la pression dans les artères survient au cours de la grossesse après 20 semaines d'aménorrhée, chez une femme dont la tension artérielle était jusque-là normale, on parle d'hypertension artérielle (HTA) gravidique. "Avec l'augmentation continue de l'obésité et de l'âge à l'accouchement, le nombre de femmes en âge de procréer souffrant d'hypertension artérielle est en hausse. L'hypertension artérielle est un problème médical fréquent pendant la grossesse, touchant environ une femme enceinte sur dix", a déclaré Maria Magnus, chercheuse au Centre de fertilité et de santé de l'Institut norvégien de la santé publique.

Utilisant l'information génétique des femmes enceintes pour mieux isoler le lien de cause à effet

Problème : un lien entre l'hypertension artérielle pendant la grossesse et de nombreuses issues de grossesse et périnatales défavorables a été établi par des recherches observationnelles. Cependant, "les résultats peuvent être faussés par des facteurs de confusion résiduels ou une causalité inverse." Ainsi, la chercheuse et son équipe ont réalisé une étude afin d’évaluer l'effet causal de la pression artérielle systolique et diastolique pendant la grossesse sur un ensemble d'issues de grossesse et périnatales.

Afin de mener à bien les travaux, publiés dans la revue BMC Medicine, les scientifiques se sont servis de la randomisation mendélienne. Il s’agit d’une méthode utilisant des données génétiques et "moins sujette aux biais qui affectent généralement les études observationnelles classiques." Dans le détail, les auteurs ont utilisé les données génétiques de plus de 700.000 femmes enceintes européennes et se sont ensuite concentrés sur 16 issues primaires et 8 issues secondaires de grossesse et périnatales défavorables.

Déclenchement, diabète, faible poids du bébé… L’hypertension durant la grossesse est liée à plusieurs complications

Selon l’étude, une pression artérielle systolique maternelle prédite génétiquement supérieure de 10 mmHg augmentait les risques de diabète gestationnel, de déclenchement du travail, d'insuffisance pondérale à la naissance, de petit poids pour l'âge gestationnel, de naissance prématurée et d'admission du bébé en unité de soins intensifs néonatals. Les résultats concernant la pression artérielle diastolique maternelle étaient similaires à ceux obtenus pour la pression artérielle systolique. "Nous n'avons pas trouvé de preuve qu'une pression artérielle systolique maternelle élevée, prédite génétiquement, soit liée à une fausse couche ou à une mortinaissance (la naissance d'un nourrisson sans signe de vie)", ont précisé les chercheurs.

D’après les auteurs, ces données soulignent l'intérêt des interventions visant à contrôler la pression artérielle dans la population afin de réduire la fréquence des complications de la grossesse. Ils estiment que des recherches supplémentaires sont nécessaires auprès des populations non européennes et que les essais cliniques sont essentiels pour déterminer le moment optimal, les types de médicaments et les doses nécessaires pour prévenir les complications de grossesse liées à une pression artérielle maternelle élevée.

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