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Amour et sexe

Du plaisir à l'addiction

Par Betty Mamane

Pour 6% de la population sexuellement active, le sexe est devenu une drogue. Ces personnes dépendantes mènent souvent une triple vie pour calmer la sesnsation de manque.

L'amour, une drogue douce ? Sans aucun doute... Quand la sensation de manque ne se transforme pas en souffrance ou en besoin irrépressible. Chez le dépendant sexuel, comme le toxicomane ou l'alcoolique, à force de sollicitation,  la libération de la dopamine ne s'accompagne plus du même effet de satisfaction. Il se retrouve alors dans un état d'alerte permanent des situations qui peuvent lui procurer cette sensation.  Multiplication des conquêtes sexuelles, recours systématique à la prostitution, aux films, images et sites pornographiques...

« L'addicion sexuelle touche 6% de la population sexuellement active, essentiellement des hommes . Il s'agit d'un état pathologique quand le besoin sexuel ou amoureux  devient une priorité absolue et apparaît comme le seul moyen de lutter contre le  stress et l'angoisse,  précise le Pr Florence Thibaut, psychiatre au CHU de Rouen (unité Inserm 614).

Le traitement passe essentiellement par des thérapies comportementales, avec parfois la prescription d'antidépresseurs. Mais encore faut-il que le malade révèle son état pour se faire soigner. « Le dépendant sexuel met souvent en place une double ou une triple vie pour dissimuler son addiction et c'est généralement, dans les situations extrêmes, quand il s'est mis en danger ou a été démasqué que se met en place la prise en charge, regrette Patrick Dumonteix, psychiatre-psychanalyste, spécialiste de l'addiction sexuelle. Mais les mentalités évoluent. « Le battage médiatique autour de cas célèbres a changé le regard que l'on porte sur cette maladie, et encourage des personnes qui en souffrent à se faire soigner. », rassure Florence Thibaut.

Betty Mamane

Sciences et Santé, le magazine de l'Inserm