ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Près d'un collégien sur cinq envoie des SMS à caractère sexuel

5% envoient des photos d'eux nus

Près d'un collégien sur cinq envoie des SMS à caractère sexuel

Par Audrey Vaugrente

Les ados sont nombreux à envoyer des SMS à caractère sexuel ou des photos sexy. C'est le résultat d'une étude menée dans un quartier de New-York.

POUZET/SIPA

Les textos à caractère sexuel sont plus répandus qu'on ne pourrait le croire chez les adolescents. Selon une étude, parue ce 6 janvier dans la revue Pediatrics, un collégien souffrant de troubles émotionnels sur cinq envoie des « sextos. » C'est le résultat de questionnaires envoyés à 420 jeunes âgés de 12 à 14 ans, scolarisés dans cinq collèges publics de Rhode Island (New-York).

 

Une pratique associée à des troubles du comportement

Les sextos désignent l'envoi d'images partiellement ou totalement dénudées, ou de messages sexuellement explicites, via un appareil électronique, notamment un téléphone portable. « Nous savons que les pré-adolescents utilisent de plus en plus des téléphones mobiles et toutes les formes de technologie et nous savons que la préadolescence est une période pendant laquelle les jeunes s’engagent dans l’activité sexuelle. La façon dont ces deux éléments se connectent est une aire d’étude importante, » explique Christopher Houck, auteur principal de l’étude et psychologue à Rhode Island.

 

Au total, 17% des collégiens envoient des sextos. Ils sont même 5% à avoir envoyé des photos d'eux dénudés en partie ou entièrement. Ce type de comportement est beaucoup plus répandu chez les jeunes souffrant de troubles du comportement. Selon Christopher Houck, « il est possible que pour les jeunes qui ont des problèmes à traiter leurs émotions, il soit un peu plus facile d’envoyer un sexto que de dire en face de quelqu'un « Hé, je t’aime » et attendre la réaction. »

 

Parler avec son enfant

Lorsqu'un jeune a recours à ce type de pratiques, il y a quatre à sept fois plus de chance qu'il développe aussi d'autres comportements sexuels (attouchements sexuels, sexe oral ou vaginal). Ce sont également les plus nombreux à planifier un rapport sexuel. Il ne faut toutefois pas être alarmiste : cette étude s'est principalement portée sur des adolescents souffrant de troubles émotionnels ou du comportement. L'auteur de l'étude suggère par ailleurs d'évoquer de telles pratiques avec son enfant. « Si vous attendez que votre enfant vienne vous voir et que vous n’avez jamais abordé ce sujet, ils ne sauront pas que vous êtes ouvert à ce type de conversation, » analyse-t-il. Une discussion d'autant plus importante qu'en 2012, une autre étude suggérait que les adolescents adeptes du sexto avaient tendance à moins se protéger au moment de passer à l'acte.