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Grossesse

Aliments ultra-transformés : pourquoi les femmes enceintes devraient les éviter ?

Par Joséphine Argence

Une étude américaine a alerté sur les risques des phtalates, des substances chimiques qui peuvent contaminer les aliments ultra-transformés, pendant la grossesse.

Anastasiia Stiahailo/IStock
Les aliments ultra-transformés peuvent renfermer des phtalates, des substances chimiques issues des emballages plastiques ou du conditionnement alimentaire.
L’exposition aux phtalates peut avoir de graves conséquences pendant une grossesse.
Les phtalates peuvent traverser la barrière placentaire et passer dans la circulation fœtale, ce qui augmente les risques d’accouchement prématuré ainsi que de faible poids à la naissance.

Biscuits, céréales, charcuterie… On retrouve de nombreux aliments ultra-transformés dans les rayons de nos supermarchés. Consommés en trop grande quantité ou excessivement, ces produits peuvent favoriser les risques de surpoids, d’obésité, de diabète de type 2 et d’hypertension artérielle. Et ils peuvent aussi poser problème en cas de grossesse.

Phtalates : des risques pour le fœtus et la mère

Des chercheurs américains se sont récemment intéressés aux effets des phtalates, des substances chimiques qui peuvent contaminer les aliments industriels ou de fast-food, chez les femmes enceintes. Ils peuvent s’y répandre à partir de l’emballage, du conditionnement et parfois même des gants en plastique portés par les personnes chargées de la manipulation des aliments. Ces travaux ont été publiés dans le journal Environmental International

La présence de phtalates dans les produits ultra-transformés peut notamment avoir de graves conséquences pendant la grossesse, selon l'étude. Ces produits chimiques peuvent induire un stress oxydatif et une cascade inflammatoire chez le fœtus. "Lorsque les mères sont exposées à ces produits chimiques, ils peuvent traverser le placenta et passer dans la circulation fœtale", a alerté la Docteure Sheela Sathyanarayana, auteure principale pédiatre et chercheuse à l'Institut de recherche pour enfants de Seattle (États-Unis).

Par ailleurs, une précédente étude publiée dans The Lancet, avait indiqué qu’une naissance prématurée sur dix est liée à l'exposition des femmes enceintes aux phtalates. Ces substances pourraient aussi augmenter les risques de faible poids à la naissance ainsi que de troubles du neurodéveloppement (autisme, TDAH), selon la nouvelle recherche.

Aliments ultra-transformés et phtalates : comment réduire l’exposition pendant la grossesse ?

Lors de la nouvelle étude, les scientifiques ont analysé les données d’une cohorte, qui comprenait 1.031 femmes enceintes vivant à Memphis (Tennessee), recrutées entre 2006 et 2011. Concernant la mesure des niveaux de phtalates, ils ont utilisé des échantillons d'urine prélevés au cours du deuxième trimestre de la grossesse.

D’après les résultats, les aliments ultra-transformés représentaient 10 % à 60 % de l'alimentation des participantes, soit 38,6 % en moyenne. Les responsables de l’étude ont ensuite constaté que chaque tranche de 10 % d'aliments ultra-transformés en plus dans l'alimentation était associée à une concentration 13 % plus élevée de phtalate de di(2-éthylhexyle), l’un des phtalates les plus courants et nocifs.

Pour prévenir l'exposition à ces substances nocives et ses conséquences, les chercheurs ont donc recommandé d’éviter, autant que possible, les aliments ultra-transformés, et de privilégier les fruits, les légumes ainsi que les viandes maigres. Lire les étiquettes permet aussi de limiter l’exposition aux phtalates. "Recherchez les produits avec le nombre le plus faible d'ingrédients et assurez-vous que vous les comprenez tous", a conseillé la Docteure Sheela Sathyanarayana dans un communiqué.