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Oncologie

Cancer : des robots à la place des humains pour préparer les chimiothérapies

Par Joséphine Argence

Le CHU de Nantes a acquis un robot pour optimiser la préparation des chimiothérapies et améliorer la qualité de vie au travail des préparateurs.

SeventyFour/IStock
Depuis octobre 2023, le CHU de Nantes a recours à un robot pour automatiser une partie des chimiothérapies.

Ce robot représente un investissement de 400.000 euros.
En 2024, le robot réalisera environ 20 % des 48.000 préparations de chimiothérapies annuelles effectuées par le CHU de Nantes.

Chaque prescription de chimiothérapie est individuelle. Le médecin oncologue prescrit la chimiothérapie la plus adaptée à la maladie et à l’état général du patient. La préparation de ces traitements est donc très délicate et demande une grande précision.

Le CHU de Nantes, premier CHU à être équipé du robot IRON 11

En octobre 2023, le CHU de Nantes s’est équipé d’un robot IRON 11 pour automatiser la préparation des chimiothérapies. Cette machine, équipée d’un bras articulé, prépare une partie des solutions médicamenteuses, prévues pour les protocoles de chimiothérapie. En France, près de sept robots sont déjà présents dans des établissements de santé, dont trois au centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy. "Nous sommes allés leur rendre visite et avons bénéficié de leur retour d’expériences. Un club d’utilisateurs de ces robots devrait même se créer cette année. Mais le CHU de Nantes reste le premier CHU à être équipé de cette technologie !", a expliqué Nicolas Cormier, responsable du secteur de pharmacotechnie du CHU de Nantes, dans un communiqué, publié le 5 octobre.

Le robot IRON 11 est développé par la société italienne Loccioni. Il représente un investissement de 400.000 euros pour les établissements de santé. Au CHU de Nantes, sept préparateurs en pharmacie et quatre pharmaciens ont été formés à son utilisation.

Robot IRON 11 : une "réduction des temps de préparation" des chimiothérapies

L’un des objectifs du robot est donc d’améliorer la qualité de vie au travail des préparateurs, en réduisant les tâches répétitives. "La sécurité sanitaire est telle que les manipulations s’effectuent avec trois paires de gants, les bras tendus, à travers une vitre de protection. C’est contraignant et ça peut générer des troubles musculo-squelettiques (TMS) pour les personnes qui s’en occupent", a décrit François Rondeau, chef du pôle santé publique et pharmacie du CHU de Nantes, à 20 minutes.

Grâce à un système de lecture optique, le robot reconnaît les produits à utiliser pour la préparation des chimiothérapies. D’après le CHU de Nantes, le robot permet une "baisse drastique des gestes répétitifs, de "réduire les temps de préparation" des chimiothérapies et "d’anticiper certaines prises en charge". Son arrivée a permis un volume de travail équivalent à deux à trois préparateurs en pharmacie à temps plein. "Le robot est extrêmement précis et fiable. La prise en main de l’outil a également été plus rapide que ce qu’on imaginait. C’est un réel progrès dans un contexte où les besoins en chimiothérapie augmentent chez nous d'en moyenne 6 % chaque année", a noté Nicolas Cormie. Néanmoins, le robot n’a pas vocation à remplacer les opérateurs. "Il ne peut pas agir tout seul. Il faut une personne en permanence avec lui pour l’approvisionner et le diriger. C’est la création d’un nouveau métier", a rassuré le spécialiste.

L’équipe du CHU de Nantes a estimé que le robot réaliserait environ 20 % des 48.000 préparations de chimiothérapies annuelles de l'établissement en 2024. À l’avenir, les spécialistes visent les 40 %. "À plus long terme, une réflexion est engagée afin d’utiliser cette technologie pour la préparation d’autres médicaments injectables (antibiotiques, morphiniques, etc.) et redonner ainsi du temps aux soins", a souligné Nicolas Cormier.