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QUESTION D'ACTU

Etude Bronkilib

La bronchiolite repart, la kiné respiratoire toujours en débat

L'épidémie hivernale de bronchiolite s'installe en France, surtout dans le Nord et l'Ile-de-France. En parallèle, une étude sur l'intérêt de la kiné respiratoire est en cours.

La bronchiolite repart, la kiné respiratoire toujours en débat SIMON ISABELLE/SIPA

  • Publié 21.11.2013 à 14h55
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Comme chaque année, les parents vont se faire du soucis cet hiver. La faute à la bronchiolite, une infection virale des bronches les plus petites, les bronchioles, celles qui amènent l’air tout au fond des poumons. Elle s’observe chez l’enfant de moins de deux ans et surtout chez le nourrisson de moins de six mois.
Selon le dernier bulletin de l’Institut de veille sanitaire (InVS), le nombre de recours aux services d’urgence hospitaliers pour bronchiolite du nourrisson est de nouveau en augmentation, après un léger recul observé pendant les vacances de la Toussaint. Le Réseau Bronchiolite Ile-de-France, précise pour sa part, que le nombre de demandes de kinésithérapeutes pour des enfants de moins de 2 ans a augmenté de 22 % le week-end dernier par rapport au week-end précédent.
C'est dans ce contexte que le Dr Sydney Sebban présidente de ce réseau rappelle qu'une étude (Bronkilib), est justement en cours de réalisation. Elle cherche à évaluer les effets de la kinésithérapie respiratoire sur des nourrissons pris en charge en ambulatoire. Cette pratique fait, en effet, toujours débat.

Une méthode sans bénéfice selon une synthèse de la Cochrane
L'an dernier, déjà, la polémique sur cette technique redoutée par certains parents est revenue sur le devant de scène. Selon la revue Prescrire, la kinésithérapie respiratoire ne serait pas efficace pour soigner la bronchiolite. La revue se basait en réalité sur l'actualisation d'une synthèse de 9 études réalisée par le Groupe du Réseau international Cochrane portant sur 891 nourrissons hospitalisés. Elle comparait les bébés qui avaient subi une kiné respiratoire avec ceux qui n'en avaient pas eu. Résultat, l'étude montrait qu'il n'y avait aucune différence entre les deux groupes en termes d'évolution clinique, d'oxygénation du sang ou de fréquence respiratoire. La durée de la maladie est la même: 13 jours.
Mais l'autre question dans ce débat est de savoir si la kiné est dangereuse ? Lorsque le kinésithérapeute appuie sur le thorax de l'enfant, de nombreux parents  se demandent si l'enfant ne souffre pas et si ce geste est dangereux. La synthèse rapportée par la revue Prescrire faisait pour sa part état d'effets indésirables comme  des vomissements, des douleurs et des fractures de côtes (une cas sur 1.000 nourrissons traités). Un autre travail réalisé en janvier 2009 par des kinésithérapeutes lyonnais faisait état d'un risque de fracture dans un cas sur 4103 séances.

La kiné respiratoire doit rester exceptionnelle
Pour le Pr Brigitte Fauroux, pneumo-pédiatre à l'hôpital Armand Trousseau, contactée l'an dernier par pourquoidocteur, cette conclusion de la revue Cochrane confirmait que la France est le seul pays dans lequel la kinésithérapie respiratoire est faite de manière systématique dans la bronchiolite aigüe virale du nourrisson. Or pour elle, « la kiné n'est pas indiquée pour la plupart des enfants. »
Et cette spécialiste de rappeler les cas rares où la kiné respiratoire s'impose. « Si les enfants ne parviennent pas à désobstruer le voies aériennes, ils peuvent se faire aider d'un kiné. Mais, encore une fois, les enfants qui ont des sécrétions bronchiques sont extrêmement rares. Et elles surviennent à la phase tardive de la maladie quand il n'y a plus de sifflement ou de rétrecissement bronchique.
Par ailleurs, Brigitte Fauroux soulignait que la kiné ne fait pas baisser le taux d'hospitalisations. Elle indiquait à ce titre que, « les enfants hospitalisés n'ont pas forcément de sécrétions bronchqiues. Ce sont juste des tout petits bébés de moins d'un mois avec le virus qui va le plus loin possible dans les poumons jusqu'aux alvéoles. Ils sont en manque d'oxygène mais ils ne sont pas encombrés. Ces cas extrêmes représentent d'ailleurs 1 à 2 % des bronchiolites. »


Une bonne hygiène en prévention
Pour éviter d'en arriver à ces cas extrêmes, la prévention est aussi essentielle. L'Institut national de la prévention et d'éducation pour la santé insiste chaque année sur les conseils d'hygiène élémentaires pour limiter les risques de contamination : se laver régulièrement les mains, porter un masque chirurgical pour s'occuper d'un bébé et ne pas l'embrasser lorsqu'on est malade, se couvrir la bouche pour éternuer et tousser et veiller à une aération correcte de la chambre tous les jours. 

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