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La santé dépend de la répartition des richesses

Par Cécile Coumau

L’argent ne fait pas le bonheur. Si certains en doutent en période de crise, deux épidémiologistes britanniques tentent de nous le prouver, chiffres à l’appui. Pour Richard Wilkinson et Kate Pickett, « ce n’est pas la richesse qui fait le bonheur des sociétés, mais l’égalité des conditions », écrivent-ils dans leur livre Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, dont la version française vient de paraître (1). Décrypté sur le site du quotidien La Croix, l’ouvrage remet en cause « l’idée qu’un pays tout entier serait en meilleure santé, sur le plan aussi bien médical que social, s’il était plus riche ». 


En analysant des milliers de données portant sur l’espérance de vie, la consommation de drogues ou encore les grossesses précoces, les deux épidémiologistes sont à chaque fois parvenu à la même conclusion : « le classement épouse presque parfaitement celui des inégalités. » Autrement dit la santé d’une nation tient aussi à la répartition des richesses. Preuve de la pertinence de leur démonstration, les auteurs, qui étaient invités à débattre de cette question le vendredi 18 octobre à Sciences-Po Paris, soulignent que l’espérance de vie est plus élevée en Grèce qu’aux Etats-Unis.


Et la meilleure répartition des richesses serait une équation « gagnant-gagnant ». En effet, si les plus pauvres en sont les premiers bénéficiaires, ils ne sont pas les seuls à en récolter les fruits. Comme le souligne le journaliste de La Croix, « les classes supérieures des sociétés inégalitaires souffrent également de la comparaison avec leurs homologues de pays plus égalitaires ». « Même en ne considérant que le taux de mortalité des Américains blancs, ceux-ci restent moins bons que ceux des autres pays développés, » argumentent les épidémiologistes.

La clé du bonheur et d’une bonne santé serait donc de vivre dans une société égalitaire, et ce pour plusieurs raisons : les liens amicaux y sont plus développés, le « stress lié à la peur du déclassement et du jugement de l’autre y est plus faible. Enfin, la qualité de la petite enfance y est meilleure. »