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Mouvement de grève

Les urgentistes ne chercheront plus de lits d'aval pour les malades

A partir du 15 octobre, les urgentistes mettent les établissements au pied du mur. Lorsqu'il n'y a pas de solution simple pour hospitaliser un malade arrivé aux urgences, ils ne chercheront plus de lit d'aval. 

Les urgentistes ne chercheront plus de lits d'aval pour les malades CLAVIERES VIRGINIE/SIPA

  • Publié 14.10.2013 à 14h50
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Les urgentistes ont maintenu leur mouvement ! A partir de demain, ils mettent les directions des hôpitaux au pied du mur : ils cesseront de se plier en quatre pour dénicher un lit d’hospitalisation pour les malades. « Pour chaque patient nécessitant une hospitalisation, nous continuerons à contacter le correspondant de l’unité adaptée aux besoins du patient, mais lorsqu’aucune solution simple pour l’hospitaliser ne sera immédiatement accessible, les urgentistes cesseront d’appeler au téléphone tous les services, l’un après l’autre, à la recherche d’un lit, » a expliqué le Dr Marc Giroud, le président de Samu-Urgences de France. Cette tâche sera assurée par le directeur ou les personnes qu’il aura désignées. « Nous allons appliquer strictement la loi, le médecin prescrit une hospitalisation et l’administration de l’établissement doit la mettre en œuvre, a annoncé le Dr Christophe Prudhomme, porte parole de l’AMUF, l’association des médecins urgentistes de France. Pour les personnes qui arrivent aux urgences, cela ne changera rien, au contraire cela devrait mieux se passer puisqu’ils consulteront des médecins qui ne seront plus sous la tension permanente de trouver des places, et le nombre de malades sur des brancards en attente dans les couloirs devrait diminuer. » 

Ecouter le Dr Christophe Prudhomme, porte parole de l’AMUF : « Chercher un lit, c’est une source de tension ».


Le but de la manoeuvre est de pousser les établissements, les directions et les commissions médicales, à s’engager dans une politique globale d’organisation des hospitalisations programmées et non programmées, et de gestion des lits. « Les urgentistes en ont assez des annonces, ils veulent des actes,» a souligné le Dr Christophe Prudhomme, urgentiste à l’hôpital Avicenne à Bobigny, qui rappelle que la ministre de la santé a reçu le 30 septembre dernier le rapport du Pr Pierre Carli sur la gestion des lits d’aval aux urgences. Suite à ce rapport, Marisol Touraine a annoncé que 162 établissements, sur les 600 qui ont un service d’urgence, se lancent cette année dans un travail de gestion des lits entre les urgences et les autres services avec l’aide de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé (ANAP). Les autres établissements ont été sommés d’entreprendre une nouvelle démarche de gestion des lits auprès des agences régionales de santé.


Ecouter le Dr Christophe Prudhomme
, porte parole de l’AMUF : « Ce qui est clair, c’est que notre mouvement est fait pour durer. Les médecins ne s’occuperont plus de chercher des lits. »


Les urgentistes ont tenu aussi à rappeler que l’engorgement des urgences n’était pas qu’un problème d’organisation. « C’est un problème de santé publique, indiquait le 30 septembre dernier le Pr Jean-Emmanuel de la Coussaye responsable du pôle Anesthésie-Réanimation Urgences du CHU de Nîmes. L'engorgement des urgences a des conséquences sur la santé. Risque d'erreurs médicales, retard de prise en charge de la douleur… la saturation des urgences multiplie par 1,7 la mortalité des malades à dix jours. « Lorsque le taux d'occupation des lits dépasse les 85 %, l'établissement se place dans une situation à risque, il n'a plus les moyens de répondre correctement aux imprévus», estime le Dr Christophe Prudhomme qui plaide pour une réouverture des lits d'hospitalisation en France.

La Fédération hospitalière de France, qui regroupe les hôpitaux, a tenu à rappeler de son côté que 18 millions de Français s’étaient rendus aux urgences en 2012, alors qu’ils étaient 11 millions dix ans plus tôt. « Si l’hôpital doit faire face à une demande exponentielle de la population, chacun sait que c’est d’abord en raison de l’insuffisance d’une prise en charge organisée en amont », a déclaré la Fédération dans un communiqué. 

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