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Flore intestinale

La prise de poids après l'arrêt du tabac élucidée

Par la rédaction

Selon une étude suisse, les personnes qui arrêtent de fumer ne seraient pas directement responsables de leur prise de poids . En cause, la modification de la flore intestinale.

DURAND FLORENCE/SIPA
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Les ex-fumeurs ne sont pas responsables de leur prise de poids à l'arrêt du tabac ! C'est en tout cas ce que semble démontrer une étude publiée récemment dans la revue scientifique Plos One. Des chercheurs suisses prétendent en effet avoir trouvé pourquoi ces ex-fumeurs, qui ingèrent la même quantité voire moins de calories que lorsqu'ils fumaient, grossissent.

Une équipe de l'Hôpital universitaire de Zurich a étudié durant neuf semaines le patrimoine génétique des bactéries intestinales présentes dans les matières fécales de 20 personnes. Le panel de participants était composé de cinq non-fumeurs, cinq fumeurs et dix personnes ayant entamé un sevrage tabagique une semaine après le début de l'étude. 
A la fin de leurs observations, ces scientifiques ont constaté que l'arrêt du tabac avait engendré de grands changements dans la composition de la flore intestinale microbienne de certains participants.
Alors que dans les excréments des fumeurs et des non-fumeurs, la diversité bactérienne avait peu évolué au cours des neuf semaines, l'arrêt du tabac avait engendré de grands changements dans la composition de la flore intestinale microbienne. Chez ces ex-fumeurs, les microbes des souches protéobactéries et bactéroïdètes s'étaient en effet développés. Cela au détriment des microbes de type firmicutes et actinomycètes. La modification de cette flore intestinale ici observée ressemble de près, selon ces médecins, à celle des personnes obèses.  
Résultat, les sujets qui avaient arrêté de fumer ont pris en moyenne 2,2 kilos durant les 9 semaines de l'expérience, même s'ils n'avaient en rien modifié leurs habitudes alimentaires. 

Pour le Pr Gerhard Rogler, auteur de l'étude, ces résultats sur l'homme confirment les conclusions d'une précédente recherche menée sur des souris. Cette dernière avait consisté à transplanter des excréments de souris obèses dans les intestins de souris non-obèses. Le résultat avait alors été le même.
Les rongeurs de poids normal avaient il est vrai développé les mêmes bactéries, et surtout pris du poids. Selon notre chercheur suisse, « la composition de la flore intestinale qui est modifiée au début du sevrage expliquerait en partie la prise de poids des ex-fumeurs. » Dans les mois qui suivent l’arrêt du tabac, les anciens fumeurs prennent en moyenne 4 à 5 kilos.