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QUESTION D'ACTU

Sondage de la FHF

Les urgences victimes de leur succès

Un Français sur trois s'est rendu aux urgences au cours des 12 derniers mois. Près de la moitié parce qu'il ne trouvait pas de médecin de garde. Ce qui explique les saturations. 

Les urgences victimes de leur succès C. VILLEMAIN/20 MINUTES/SIPA

  • Publié 21.05.2013 à 15h38
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Les urgences, remède à tout faire pour les Français ? L'édition 2013 du baromètre de la Fédération hospitalière française (FHF) réalisé par TNS Sofres (1) le confirme. En effet, au cours des douze derniers mois, 35% des Français ont poussé la porte des urgences. Parmi eux, près de la moitié (43%) l'a fait parce qu'il ne trouvait pas de médecin de garde. 
La première raison du choix des urgences est « la garantie d’être hospitalisé en urgence si nécessaire » (76 % des sondés). La deuxième (59 %) est que c’est « plus pratique, car les examens complémentaires (radio, analyse) sont réalisés de suite ». Enfin, pour un Français sur quatre, le choix des urgences s'est imposé parce qu'il n'y avait pas besoin d'avancer les frais. Mais ce recours non contrôlé aux urgences entraîne une saturation des services, un problème chronique pour les urgentistes depuis de nombreuses années.

Pour tenter d'y remédier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine annoncait le mois dernier la création de postes de gestionnaires de lits. Une proposition qui n'avait pas satisfait les urgentistes. Pour Christophe Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis, et porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France (AMUHF), « c'est un gadget supplémentaire pour ne pas s'attaquer au vrai problème qui est le manque de lits, lié au manque de personnel dans les hôpitaux».

Ce dysfonctionnement du système des urgences dénoncé par ce médecin entraîne surtout des risques pour les patients. Une équipe française du CHU de Poitiers révélait en mars dernier les résultats d'un étude sur les conséquences précises du manque de place en service de réanimation. Concrètement, les patients qui sont refusés en réanimation parce qu'il n'y a plus un seul lit de libre affichent, sept jours plus tard, un taux de décès de 21,9% contre 15,6 % pour les patients admis immédiatement. Au lieu des 1h10 en moyenne d’attente pour ceux qui sont pris en charge tout de suite, les patients qui se heurtent à des services saturés doivent attendre environ 5 heures. Ce sont ces quatre heures de différence pendant lesquelles le taux de mortalité grimpe.

 Alors, comment désengorger les urgences ? Selon le sondage de la FHF, les Français (81 %) seraients disposés à passer d'abord par des maisons de garde pour des problèmes bénins. 

 

(1) Etude réalisée auprès d'un échantillon de 1011 personnes représentatif de la population française.

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