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Ain : plusieurs enfants nés sans bras ou sans main dans un même village entre 2009 et 2014

Dans le village de Druillat, dans l’Ain, sept enfants sont nés sans bras ou sans main entre 2009 et 2014. Une concentration anormale pour l'instant sans explication.

Ain : plusieurs enfants nés sans bras ou sans main dans un même village entre 2009 et 2014 Milkos/iStock

  • Publié le 29.09.2018 à 11h25
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Tout est parti d’un rapport confidentiel transmis par la structure Remera, spécialisée dans le recensement des malformations, aux autorités de santé et révélé par un reportage de France 2. Celui-ci fait état d’une anomalie : une concentration 58 fois plus importante que la normale d’enfants nés avec une malformation au niveau du bras ou de la main.

Indétectable à l’échographie

Le reportage présente Ryan, un enfant de huit ans, né sans sa main droite. Un choc à la naissance puisque les échographies n’avaient rien révélé aux parents, Mélanie et Jonathan Vitry. "J’ai pleuré, forcément. Et mon mari est tombé dans les pommes", se souvient la maman.

Ryan est l’un des huit enfants vivant dans le village de Druillat, dans un rayon de 17 kilomètres, à être né, entre 2009 et 2014, avec une malformation. De quoi alerter la structure spécialisée Remera qui a envoyé un rapport aux autorités de santé à la fin de l’année 2014.

Un phénomène inexpliqué

Pour l'instant, aucune explication médicale ne justifie cette concentration de nouveaux-nés mal formés dans cette commune. "On a interrogé toutes les mères avec un questionnaire très poussé sur leurs habitudes de vie. Le seul point commun c’est que ce sont toutes des femmes qui vivent en zone rurale au milieu de champs de maïs et de tournesol", explique Emmanuelle Amar, épidémiologiste au Remera. Elle précise n’avoir aucune explication à ce phénomène si ce n’est que la cause n’est ni génétique, ni une prise de médicament ou de drogue.

Deux ans après la remise de ce rapport, Santé Publique France lui répond qu’une "vigilance renforcée semble nécessaire", tout en contestant les méthodes de l’enquête. Mais peu après, les subventions publiques accordées à Remera, qui travaille sur cette question depuis 45 ans, sont coupées.

Une coupure des subventions qui interroge

"Les conséquences sont très simples, c’est la fin de la surveillance des malformations, c’est-à-dire clairement la fin de l’alerte aussi", s’insurge Emmanuelle Amar. La région, elle, répond simplement que cela ne fait plus partie de ses attributions. Quant à l’Inserm, l’organisme de recherche, il justifie l’abandon des subventions en affirmant que "l’apport du registre pour la recherche est très faible". Un commentaire qui interroge puisqu’il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait le travail du Remera.

En attendant, France 2 conclut son reportage en expliquant que la commune de Druillat dans l’Ain n’est pas la seule à subir ce phénomène. En effet, des médecins de Bretagne et du Pays de la Loire ont à leur tour alerté les autorités sur la naissance de plusieurs enfants mal formés en l’espace de plusieurs mois.

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