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Des patients sortis du coma racontent ce qu'ils ont vu

Des témoignages de personnes ayant été dans le coma sont régulièrement publiés. Que se passe-t-il dans le cerveau lors de ce moment ? Comment la médecine décrypte-t-elle ce phénomène ? Explications.

Des patients sortis du coma racontent ce qu'ils ont vu KatarzynaBialasiewicz/iStock

  • Publié le 06.08.2018 à 13h52
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Un tunnel, une lumière blanche puis un esprit qui se détache du corps : voici comment est souvent décrite l’expérience du coma. Il est lié à un dysfonctionnement du système nerveux central, ce qui fait que la personne est inconsciente, ne peut ni bouger, ni parler, et qu’elle ne réagit plus. Ceux qui l’ont vécu racontent une expérience étrange à mi-chemin entre rêve et réalité. 

L’esprit qui vagabonde 

"Une fois dans le coma, je me suis détachée assez vite de mon corps pour vagabonder. Sans trop savoir comment, j’arrivais à être aux côtés de mes proches", explique Laurence Musy dans le quotidien Ouest-France. Après une chute de ski, elle est restée quatre mois dans le coma. Le "vrai" coma, à la différence du "coma artificiel" provoqué par les médecins, peut avoir plusieurs causes : traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral (AVC), tumeur, etc. Pour déterminer sa durée, les professionnels disposent de plusieurs techniques. Récemment, l’Inserm a mis au point un test auditif pour déterminer l’état de conscience du patient, ce qui permet d’établir des pronostics sur l’état futur du malade. 

Des sensations ressenties lors de coma artificiel 

Une grande partie des personnes plongées dans le coma à un moment de leur vie ont vécu des expériences à la frontière du réel. Elles ont souvent le sentiment "d’être là sans être là". Julie Bourges a 20 ans en 2013 lorsqu’elle est grièvement brûlée lors du carnaval de son lycée. Après l’accident, elle a passé trois mois dans un coma artificiel. Elle raconte son expérience sur son compte Instagram : "ces longs rêves interminables où l’on vit et où l’on ressent tout. (…) ces délires qui font qu’une fois réveillée, je n’arrivais plus à dissocier le rêve de la réalité, comme déconnectée", explique-t-elle.

Dans le journal Midi-Libre, Martine Rondeaux livre un autre témoignage :  "J'étais dans une maison, au sein d'une immense famille, plus loin il y avait une vieille dame et une rivière. Pas loin il y avait la mort, la Grande faucheuse. A chaque fois que je lui disais non, la vieille dame me souriait." Après un accident de voiture, elle a été plongée dans un coma artificiel. Cela rappelle les expériences de mort imminente (EMI) décrites par des personnes réanimées après un arrêt cardiaque. La lumière blanche, le tunnel, le fait d’avoir l’impression de sortir de son corps, etc : pour beaucoup, ces signes sont la manifestation du paranormal, ils pourraient être toutefois déçus, car pour les scientifiques, cela serait dû uniquement au manque d’oxygène qui affecte le cerveau.

« LE COMA ARTIFICIEL ». . Le coma artificiel c’est ce sommeil et ce monde parallèle dans lequel j’ai été plongée pendant trois mois. Trois mois, qui sont passés comme une semaine, mais qui n’ont en rien enlevé mes délires, ma douleur, mon impuissance et mon attente. . Mes délires ; ces longs rêves interminables où l’on vit et l’on ressent tout. Comme une deuxième vie, comme si je ne dormais jamais. Aller jusqu’à imaginer que ma maman a eu un quatrième enfant, que son cheval est dans notre jardin, que je suis bel et bien au lycée entrain d’étudier. Dit comme ça, ça parait tout beau, tout rose mais en réalité... Je suis là, allongée, shootée, dans l’impossibilité de me réveiller comme pendant un mauvais rêve, comme obligée de vivre ce que les médicaments m’imposent. Ces délires qui font qu’une fois réveillée, je n’arrivais plus à dissocier le rêve de la réalité, comme déconnectée. . Ma douleur ; ma grande douleur. Les infirmières m’endorment pour ne pas souffrir, mais je suis là, je vis et je ressens. Je ressens la chaleur de mes brûlures et les brûlures de ma lourde fièvre. Bandée de la tête aux pieds, j’ai chaud et j’ai soif aussi. Je suis là, oui, compressée par ses pansements imposants, allongée, sans même pouvoir bouger. . Mon impuissance. C’est bien le pire dans tout ça. L’impuissance de pouvoir parler à ma famille que j’entends, l’impuissance de pouvoir ouvrir les yeux tellement mes paupières sont lourdes. L’impuissance putain, l’impuissance de pouvoir leur dire que je dors en apparence mais que je suis là. Celle de les entendre partir de ma chambre d’hôpital et de ne pas pouvoir les retenir. Ou encore celle de les entendre pleurer et de ne pas pouvoir les réconforter. . L’attente. Une longue attente, celle qu’enfin on arrête de m’injecter ces produits, cette drogue pure. L’attente qu’on arrête de m’obliger à dormir, l’attente de pouvoir parler, boire, manger. L’attente de me réveiller définitivement de ce cauchemar qu’est le coma artificiel. . (SUITE EN COMMENTAIRE) ??

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