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Mise en garde

Instagram, Facebook, Snapchat : attention aux produits hyperprotéinés présentés par les influenceurs

Par Mégane Fleury

Les compléments alimentaires hyperprotéinés sont plébiscités par les sportifs, notamment culturistes, depuis longtemps. Ils s’affichent de plus en plus sur les réseaux sociaux à travers les publications d’influenceurs parfois très suivis. Mais ces produits ne sont pas sans danger, en particulier pour les jeunes. 

ChesiireCat/iStock

Whey, prots, shakers : ces mots ne vous disent peut-être rien, mais ils sont pourtant de plus en plus présents sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Nombreux sont les influenceurs spécialisés dans le sport à vanter les mérites des compléments alimentaires hyperprotéinés en ligne. Le site Slate a enquêté sur un phénomène qui peut devenir dangereux, car ces produits ne doivent en effet pas être consommés par tous et nécessitent un minimum de vigilance. 

Deux millions de publications sur Instagram

Myprotein est l’une des marques qui a beaucoup recours aux réseaux sociaux pour faire la promotion de ses compléments alimentaires. Des influenceurs, comme Tibo Inshape cité dans l'article, recommandent les produits sur leur page Instagram ou Facebook. Le passionné de musculation a plus de 4 millions d’abonnés sur Youtube, 2 millions sur Instagram et 1 million sur Facebook. Dans ses vidéos, photos et autres publications, il cite régulièrement Myprotein. Au total, sur Instagram, deux millions de publications sont associées au hashtag #myprotein.

Des produits qui peuvent être dangereux

Myprotein assure que tous ses produits sont conformes aux réglementations sanitaires. Mais les produits vendus par ce genre de marques ne sont pas recommandés pour tous les publics. Dans un rapport publié en décembre 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alertait sur les dangers de ces produits hyperprotéinés. L’organisme a recensé 49 signalements d’effets indésirables potentiellement liés à la consommation de ces compléments alimentaires entre 2009 et 2016.

Ces produits pourraient en effet entraîner des risques cardiovasculaires : tachycardie, arythmie ou encore accident vasculaire cérébral (AVC). Des problèmes psychiques peuvent également être observés chez les consommateurs, notamment des troubles de l’humeur ou des troubles anxieux. L’Anses déconseille ces produits à plusieurs catégories de personnes : les enfants, adolescents et femmes enceintes, mais aussi aux personnes qui ont des facteurs de risque cardiovasculaire, celles qui sont atteintes de cardiopathie, d’altération de la fonction rénale ou de troubles neuropsychiatriques. 

Les adolescents plébiscitent ces compléments alimentaires

Malgré ces mises en garde, ces produits plaisent aux jeunes. Dans l’article de Slate, Bastien, 17 ans, explique prendre des compléments alimentaires depuis trois mois. Sur son compte, il fait la promotion d'une autre entreprise, LNutrition. En échange de ses publications, il obtient des réductions sur le prix des commandes pour ses abonnés. Bastien ne reçoit pas d’argent mais des avoirs valables sur le site.

Cet adolescent n’est pas un cas isolé. En 2012, la revue Pediatrics publiait une étude sur les jeunes et la musculation. Âgés en moyenne de 14-15 ans, les adolescents interrogés étaient 41% à pratiquer la musculation, 38% prenaient des compléments alimentaires et 6% consommaient même des anabolisants. "On est dans un rapport de force inégalitaire vis-à-vis du jeune public. C’est plus fun de prendre de la Whey, surtout quand on voit quelqu’un de connu le faire, que de manger des yaourts", confie Jean-Marc Sène, médecin de l’équipe de France de judo, dans l’article. D’après l’Anses, les effets bénéfiques de certaines des substances utilisées ne sont pas prouvés. Les risques encourus, eux, sont bien réels.