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Bénéfices de la chaleur

Cancer de l’ovaire : la chaleur augmente l’efficacité de la chimiothérapie et améliore la survie des malades

Par Johanna Hébert

Un nouvel essai montre que combiner une chimiothérapie chauffée par voie intrapéritonéale à une association classique chirurgie-chimiothérapie permet d’améliorer les chances de survie chez les personnes malades atteintes d’un cancer de l’ovaire au stade avancé. 

lisafx/epictura

Généralement, les femmes souffrant d’un cancer de l’ovaire à un stade avancé (stade III) bénéficient d’une chirurgie de cytoréduction et d’une chimiothérapie injectée par voie veineuse. La chirurgie de cytoréduction consiste à réduire le volume d’une tumeur. 
Dans une étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, des chercheurs ont testé l’intérêt d’une chimiothérapie hyperthermique par voie intrapéritonéale (CHIP) à ce traitement standard. Et les résultats sont positifs.  

La chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale, c’est quoi ? 

La CHIP combine chimiothérapie et chirurgie. Une fois que le chirurgien a enlevé toutes les tumeurs visibles à l’œil nu, les médicaments de chimiothérapie sont dilués dans un liquide et chauffés à 42°C pendant une heure. 
Ensuite, la chimiothérapie est introduite dans la cavité intrapéritonéale pendant une dizaine de minutes, où elle sera en contact avec les ovaires et leur emplacement, avant d’être aspirés par une pompe. 
Pourquoi chauffer le traitement ? Parce que cela augmente ses effets sur les tissus cancéreux. 

Plus de chances de survie 

245 patientes ont participé à l’étude et elles ont toutes eu le traitement conventionnel associant chirurgie et chimiothérapie par voie veineuse. 123 d’entre elles n’ont pas reçu de chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale en plus du traitement standard. Résultat : des récidives ou des décès sont survenus chez 110 d’entre elles. Chez celles qui ont bénéficié d’une chimiothérapie hyperthermique par voie intrapéritonéale, 99 cas de récidives ou de décès (sur 122) ont été constatés. Il existe une réduction de la mortalité d’un tiers avec un suivi de 4,7 ans.

Chez les femmes souffrant d’un cancer de l’ovaire à un stade avancé, combiner chirurgie de cytoréduction et chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale augmenterait ainsi les chances de survie et diminuerait les récidives sans aucune majoration des effets secondaires. 

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