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Particules fines

Pollution atmosphérique : l’Anses préconise des normes plus strictes

Par Ambre Amias

Dans un avis, l’Agence préconise la mise en place de seuils journaliers pour les particules fines et une meilleure surveillance des polluants.

CAHKT/epictura

Peut mieux faire, beaucoup mieux. Dans un avis rendu ce mardi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) juge encore insuffisantes les mesures de réduction de la pollution de l’air et invite à appliquer des normes plus strictes afin d’offrir une meilleure protection aux populations.

L’enjeu est de taille. Chaque année en France, 42 000 personnes meurent d’une exposition excessive aux particules. Depuis vingt ans, les Etats membres de l’Union européenne doivent appliquer des mesures de surveillance, d’évaluation et de maîtrise de la qualité de l’air ambiant pour différents polluants chimiques.

Des seuils journaliers 

En France, des normes existent d’ores et déjà pour plusieurs polluants atmosphériques. Toutefois, ces valeurs réglementaires sont actuellement inférieures à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé, souligne l’Anses.

Saisie par la Direction générale de la santé (DGS) et la Direction générale de l’environnement (DGE), l’agence devait donner son avis sur une évolution potentielle des normes de qualité de l'air ambiant pour les particules fines (PM10 et PM2,5), le dioxyde d’azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2) et l'ozone (O3).

Or, l’Anses préconise en premier lieu de fixer des normes journalières à ne pas dépasser concernant les particules les plus fines (P2,5). L’agence propose également d’adopter des valeurs permettant, lors des pics de pollution, de déclencher des procédures d’information du public, ainsi que certaines mesures comme la réduction des vitesses autorisées (ce qui est déjà le cas dans certaines villes). Pour ce faire, une simplification de la réglementation française s’impose, précise l’Anses.

Concernant les seuils d’information et d’alerte pour les polluants NO2 (dioxyde d’azote), SO2 (dioxyde de soufre), O3 (ozone), l’Agence recommande de les conserver en l’état et de ne surtout pas les supprimer, « compte tenu des effets sanitaires à court terme et de l’intérêt de ces seuils pour les populations sensibles » (enfants, personnes âgées, personnes immunodéprimées…). D’ailleurs, l’Anses souhaite mettre à l'étude « un nouveau vecteur de communication quotidien, permettant de décrire pour le grand public les données de qualité de l'air au regard des enjeux sanitaires ».

Au final, la France a encore de nombreux efforts à fournir pour améliorer la prévention sanitaire. « Les données disponibles concernant les effets sur la santé et l'impact sanitaire de la pollution de l'air attestent que cette dernière reste un enjeu de santé publique majeur ».

Pollutrack va mesurer la pollution à Paris

La ville de Paris veut affiner ses mesures de pollution atmosphérique. Un nouveau dispositif d’évaluation a été présenté à la presse en début de semaine. Quelques 300 capteurs de particules fines vont équiper les voitures électriques d'Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité (ex EDF) qui sillonnent les rues de la capitale. Les niveaux de pollution seront analysés rue par rue, à hauteur de respiration du piéton, de l’enfant, du cycliste, du jogger...

Les données collectées permettront d’établir une cartographie « détaillée et dynamique de la pollution urbaine », fait savoir la Ville. En croisant ces données avec celles d’Airparif, la Mairie espère pouvoir mieux identifier les sources principales de pollution et les secteurs ou les périodes de la journée où il est le plus urgent d’agir.