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QUESTION D'ACTU

Entretien avec Me Coubris

Pilules 3e génération: plus de 300 femmes se déclarent victimes

Me Coubris dispose de 310 dossiers de femmes victimes des pilules de 3e et 4e génération. Après les laboratoires et l'Agence du médicament, les médecins sont dans la ligne de mire.

Pilules 3e génération: plus de 300 femmes se déclarent  victimes Me Jean-Christophe Coubris, avocat de l\'association des victimes d\'embolie pulmonaire (DURAND FLORENCE/SIPA)

  • Publié 15.01.2013 à 07h00
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L'affaire des pilules de 3e génération connaît de nouveaux rebondissements. 47 cas d'effets indésirables graves (embolie pulmonaire, AVC, thrombose veineuse profonde) et 2 morts liés à la pilule auraient été répertoriés de 1998 à 2012 sur une population de 800 000 personnes, selon une information du Figaro. 3 de ces cas seulement auraient été déclarés aux autorités sanitaires, d'après cette étude réalisée dans un hôpital universitaire français. Extrapolé à l'ensemble de la population, ce travail conduirait à 3900 victimes d'effets indésirables graves et 165 décès de jeunes femmes de 15 à 65 ans. Dans la moitié des cas, la pilule serait en cause. L'Agence de sécurité du médicament s'est saisie de cette étude. 

Le volet judiciaire connaît, lui aussi, un nouveau tournant. Selon Me Jean-Christophe Coubris, avocat  de la première femme à avoir porté plainte contre un laboratoire, les  témoignages de femmes et les dossiers s'accumulent. Il y en avait une trentaine en début d'année, dix fois plus aujourd'hui. "En général, précise-t-il, ce sont des femmes jeunes, très jeunes, qui ont eu une prescription en première intention d'une pilule de 3ème ou 4ème génération". Six laboratoires seraient en cause. Mais celui qui est aussi l'avocat de l'association des victimes d'embolie pulmonaire (AVEP) dénonce l'attitude de certains médecins prescripteurs. Ils auraient négligé, selon lui, les recommandations des autorités sanitaires. De nouvelles plaintes seront déposées dès la semaine prochaine.

pourquoi-docteur. Combien de dossiers de femmes qui s'estiment victimes de ces pilules avez-vous reçus ?

Me Jean-Christophe CoubrisAujourd'hui, ce sont 310 témoignages spontanés qui nous ont été adressés. Je m'emploie à présent à réunir tous les élements nécessaires pour constituer les dossiers. Il me faut d'abord un certain temps pour me rapprocher de chacune d'entre elles. Ensuite, chaque victime doit aussi réunir un certain nombre d'éléments. C'est la raison pour laquelle nous déposerons des plaintes d'ici la semaine prochaine mais aujourd'hui ce n'est pas encore le cas. 



Quel est le profil de ces femmes?
Me Jean-Christophe Coubris. En général, elles sont jeunes, très jeunes, et ont eu une prescription en première intention d'une pilule de 3ème ou 4ème génération. Malheureusement, dans les mois qui suivront, elles auront une embolie pulmonaire ou bien un AVC. Alors par bonheur, un grand nombre d'entre elles ne va pas garder de très lourdes séquelles physiques, seulement des séquelles morales, mais très importantes. Heureusement,  très peu de personnes décéderont des suites de leur accident.


Vous envisagez d'entamer des actions contre des médecins prescripteurs. Sur quels motifs ? 
Me  Jean-Christophe Coubris. Tout simplement, ils ont prescrit une pilule en 1ere intention alors qu'il convenait de ne pas le faire. Je considère qu'il y a pour le moins un défaut d'information et une prescription qui n'est pas adaptée à la situation. D'un point de vue juridique, c'est pour le moins un défaut d'information auprès de la patiente. Je dirais même qu'il y a aussi un défaut de prescription puisqu'ils ont eu la recommandation de ne pas prescrire cette pilule là en première intention.

 

Il est question également de sous déclarations de pharmacovigilance sur les effets secondaires de ces pilules...

Me Jean-Christophe Coubris. La plupart du temps, ces victimes n'ont pas fait l'objet d'une déclaration en pharmacovigilance et c'est fort regrettable. Si tous ces effets indésirables constatés auprès de ces jeunes filles avaient été répertoriés et si les hautes autorités sanitaires avaient pu en avoir connaissance, cela aurait été autrement plus simple de prendre des mesures qui ne vont malheuseument être prises qu'aujourd'hui.

Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?

Me Jean-Christophe Coubris. D'abord il y a la premère et la deuxième génération qui restent encore sur le marché. Mais peut-on prescrire ces pilules de 3e génération sans une surveillance renforcée? ll faudrait d'abord faire un examen de sang avant de la precrire, peut être également une recherche d'anomalie génétique même si là je n'ai pas la connaissance du coût de cet examen. Donc déjà des examens à titre préventif pour être sûr qu'il n'y a pas d'anomalie. Ensuite, une information loyale disant que la prise de cette pilule n'est pas anodine et qu'elle peut entraîner des risques de faire un AVC ou une embolie pulmonaire. Cette recommandation pourrait permettre aux femmes de réfléchir éventuellement à un autre moyen de contraception.



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