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Loi finance 2017

Prostitution : les aides à la sortie vont être réduites de moitié

Par Julie Levallois

Les budgets alloués à la sortie de la prostitution risquent d'être réduits de moitié. AIDES le dénonce dans une lettre ouverte aux parlementaires.

Nina A.J./Flickr
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Les promesses ne sont pas tenues. Lors du vote de la loi prostitution, un volet social a été prévu. L’objectif était d’accompagner les travailleurs du sexe vers une sortie de cette activité. Mais ce programme est menacé. La loi finance pour 2017, en débat au Parlement, prévoit de diviser les crédits par deux. Dans une lettre ouverte aux parlementaires, le président de l’association AIDES exprime sa colère. « La loi prétendue globale se révèle bien être ce qui était dénoncé : une loi de prohibition purement idéologique », écrit Aurélien Beaucamp.

Le gouvernement l’a promis lors des débats sur la loi prostitution : l’enveloppe pour accompagner les travailleurs du sexe serait substantielle. La somme de 20 millions d’euros a été annoncée à de multiples reprises. En réalité, le budget correspond à une fourchette de 10 euros par mois et par personne. Insuffisant, aux yeux d’AIDES qui dénonce « les effets délétères de la loi », six mois après son adoption.

Des messages contradictoires

Le volet répressif a lui bien été mis en œuvre : 250 clients ont été mis à l’amende depuis le mois d’avril. Pour les 30 000 prostitué-e-s de France, en revanche, l’accompagnement est lacunaire. Les violences sont en hausse, sans reconnaissance des forces de l’ordre. Le volet sanitaire, lui, est toujours inexistant. Un manque cruel pour les associations mais aussi les médecins. Ils ont en effet prédit un isolement accru des personnes et un risque d’infections, notamment sexuellement transmissibles.

Diviser par deux les crédits alloués ne devrait pas améliorer la situation, bien au contraire. Ce budget semble surtout aller à l’encontre des annonces de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. Elle a affirmé, le 18 octobre dernier, la mise en œuvre du parcours de sortie et d’insertion sociale. Elle passera par une hausse du soutien aux associations de 60 %.

Mais les annonces seront bel et bien respectées à en croire le Sénat. Il confirme sur son site que les associations d’accompagnement des personnes prostituées verront leurs subventions s’accroître. Des messages bien contradictoires qui appellent à être éclaircis.