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En Floride

Sébastian survit par miracle à une amibe mangeuse de cerveau

A 16 ans seulement, Sebastian DeLeon rejoint un club fermé. Contaminé par une amibe mangeuse de cerveau, il a survécu. Seules 4 personnes y sont parvenues depuis 1951.

Sébastian survit par miracle à une amibe mangeuse de cerveau AP/SIPA

  • Publié 27.08.2016 à 09h05
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Naegleria fowleri : tel est le nom barbare du parasite auquel Sebastian DeLeon a échappé. Cet Américain de 16 ans a été contaminé au cours de vacances en Floride (Etats-Unis). Hospitalisé en urgence, le jeune homme est parvenu à se débarrasser de cette amibe « mangeuse de cerveau ». Il rejoint le cercle fermé des survivants : la contamination est mortelle dans plus de 95 % des cas. L’hôpital pour enfants de Floride, qui l’a soigné, a annoncé cette belle nouvelle le 23 août lors d’une conférence de presse.

Alors qu’il profitait de ses vacances avec sa famille, Sebastian s’est plaint de violents maux de tête. Ce n’est qu’à l’hôpital que la gravité de sa situation se révèle. Les médecins, qui pensent d’abord à une méningite, diagnostiquent finalement une méningo-encéphalite amibienne primitive. L’amibe Naegleria fowleri est à l’origine de ses symptômes. Ce micro-organisme, qui vit dans les eaux chaudes et peu profonde, entre par le nez avant de progresser jusqu’au cerveau qu’il détruit en un temps record : les symptômes se déclarent en 5 jours.

Quatre survivants

Le plus souvent, la contamination est mortelle. 5 jours suffisent à l’amibe pour tuer le patient. Mais l’équipe médicale tente l’impossible : elle administre au jeune homme un cocktail d’antimicrobiens, le plonge dans un coma artificiel et le place en hypothermie artificielle de 33 degrés. Avec cette approche, les médecins espèrent optimiser ses chances de survie. Trois jours après, le soulagement l’emporte sur l’angoisse : le traitement a fonctionné et Sebastian DeLeon est considéré comme sauvé.

 

 

La conférence de presse est on ne peut plus justifiée. L’adolescent « est une des quatre personnes connues pour avoir survécu à Naegleria fowleri aux Etats-Unis au cours des 50 dernières années », se réjouit l’hôpital dans un communiqué.

Une amibe qui voyage

Sebastian DeLeon n’est malheureusement pas un cas isolé. Les Etats-Unis font face à un nombre croissant de cas de méningo-encéphalites amibiennes primitives. L’amibe s’était cantonnée à l’extrême sud du pays. La moitié des cas connus sont survenus au Texas et en Floride. En effet, Naegleria fowleri ne vit que dans les eaux vives et chaudes – à plus de 25 °C – telles que les rivières, les lacs et les sources chaudes.
Mais au cours des dernières années, des contaminations sont survenues dans d’autres Etats plus tempérés : l’Arkansas, la Caroline du Nord, l’Ohio et Indianapolis.
La France n’est pas non plus épargnée : un enfant qui se baignait en Guadeloupe dans un bassin alimenté par une source chaude est tombé malade en 2008.


Source : Journal of the Pediatric Infectious Diseases Society


Les cas restent sporadiques, cependant : une étude parue dans le Journal of the Pediatric Infectious Diseases Society signale que 142 patients ont été diagnostiqués entre 1937 et 2013. Cela correspond à une fourchette de 0 à 8 cas par an. Un faible nombre d’entre eux a survécu aux symptômes puisque la mortalité dans le pays est estimée à 97 %.

Face à cette menace bien réelle, mais surtout croissante, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont édité des fiches à destination de la population. Elles rappellent qu’une infection ne survient que lorsque le nez est exposé dans le cadre de la plongée sous l’eau et d’autres sports aquatiques.

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