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Insigne de reconnaissance

Militaires : les blessés psychiques auront droit à une médaille

Par Marion Guérin

Les conditions de délivrance de la médaille des blessés de guerre ont évolué. Les blessures psychiques sont désormais prises en compte.

Abdul Khaliq/AP/SIPA
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L’image du soldat fort qui bombe le torse sans sourciller a bien vécu. Les atteintes psychiques des militaires ne constituent plus un tabou parmi les rangs de l’armée. A tel point que l’insigne des blessés de guerre – cette célèbre médaille ornée d’une étoile rouge – pourra désormais être délivrée à des combattants victimes de traumatismes psychologiques.

Un décret paru au Journal officiel ce vendredi confirme en effet cette évolution. « Les militaires atteints d'une blessure de guerre, physique ou psychique, constatée par le service de santé des armées et homologuée par le ministre de la Défense », ainsi que les « prisonniers de guerre blessés physiquement ou psychiquement au cours de leur détention » auront ainsi droit au port de la médaille, précise le texte.

Opex

Le décret introduit une autre évolution de taille pour ces militaires meurtris. Jusqu’ici, seuls les soldats partis à la guerre pouvaient recevoir l’insigne. Ceux qui étaient en opération extérieur (« opex ») ne pouvaient y prétendre. Sauf qu’aujourd’hui, la plupart des missions militaires sur les terrains de conflits relèvent bel et bien d’une opex – Afghanistan, Mali, Lybie… Il fallait donc modifier cette législation, intouchée depuis 1952. Désormais, les blessés d’opex ont droit à l’insigne.

Il faut dire que la problématique des troubles psychiques liés à ces opérations a pris de l’ampleur au sein des armées. D’Afghanistan, des centaines de militaires sont rentrés, atteints de stress-post-traumatiques. Toutes les conditions étaient réunies, dans cette opex, pour générer des traumatismes : les mines et autres engins explosifs improvisés, qui menaçaient à chaque instant d’exploser sur les convois ; les embuscades, dont celle d’Uzbin, qui a coûté la vie à dix soldats en 2008 ; le contact avec les militaires afghans, parmi lesquels des ennemis infiltrés, dans un climat de paranoïa. Et puis le vent et le sable qui vole, une météo épuisante quelque soit la période de l’année.

L’Afghanistan, cette guerre qui ne disait pas son nom, a créé ainsi son lot de traumatisés et a forcé la Grande Muette à sortir de son silence. La prise en charge de ces blessures invisibles est désormais réelle, avec des parcours-type, un « sas de décompression » à Chypre et d’autres dispositifs visant à déceler les troubles psychiques. L’insigne des blessés de guerre parachève cette reconnaissance.