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Le scanner crève l'écran

Par Cécile Coumau

MOTS-CLÉS :

Lors du dernier congrès français de radiologie, le scanner en 3 dimensions a été présenté. On a clairement dépassé le stade du simple cliché noir et blanc. Franchement, c’est très impressionnant, les images sortent de l’écran et sont du coup visibles par plusieurs personnes en même temps, et, sans lunettes. Cette technologie est applicable aussi bien aux examens par scanner que par IRM. Et une cheville comme un anévrisme cérébral peuvent l’un comme l’autre crever l’écran.
La question qui vient immédiatement à l’esprit, c’est : gadget ou pas ?
En tout cas, grâce à ce système, les organes sont visibles sous huit angles de vue, à 10 mètres de distance, et avec un angle de diffusion très large. Concrètement, cela permet par exemple de visualiser la cage thoracique avec tous les organes et les vaisseaux. Après, le fait que plusieurs personnes puissent voir ces images en même temps tient certes un peu home cinéma… Mais, en fait, cela permet à l’ensemble de l’équipe médicale de préparer l’intervention.
En outre, ces images en relief présentent aussi un intérêt pour le patient : elles sont beaucoup plus parlantes que les images en coupe des scanners. On dit souvent qu’un dessin vaut mieux qu’un long discours… Evidemment, un dessin qui a un prix non négligeable. L’ensemble du matériel coûterait dans les 12 000 euros. Donc, en période de restriction budgétaire, il va sans doute falloir attendre avant que l’imagerie médicale ne bascule dans la 3ème dimension. Ou peut-être qu’elle devra être réservée à des situations très particulières où la 3D est un vrai plus.
Un scénario similaire à ce qui s’est passé lors de l’arrivée des échographies en 3D. Au départ, les parents qui avaient les moyens voulaient tous voir leur bébé en 3D. Les médecins ont mis le holà, considérant cela comme un gadget de luxe. Et aujourd’hui, cette technique est surtout utilisée en cas de suspicion d’anomalie physique, notamment pour diagnostiquer un bec de lièvre.
Et puis, si la technologie fait des progrès, on manque toujours cruellement d’appareils d’imagerie en nombre suffisant.  Il faut encore attendre 32 jours pour avoir accès à une IRM. On est donc bien loin de l’objectif du plan cancer, qui était de dix jours…