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QUESTION D'ACTU

PNAS

Recherche : le LSD "libère" le cerveau

Sous LSD, les fonctions cognitives de la personne ne sont plus compartimentées et une stimulation active l'ensemble du cerveau.

Recherche : le LSD \ agsandrew/pix-5

  • Publié 14.04.2016 à 07h39
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L’expérience est controversée mais elle a le mérite de faire parler. Et peut-être même faire avancer la recherche en psychiatrie. Une équipe de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) a étudié, pour la première fois, le cerveau de volontaires ayant ingéré du LSD (diéthylamide de l’acide lysergique). Les résultats ont été publiés ce lundi dans la revue scientifique PNAS.

La recherche autour de cette substance hallucinogène a été arrêtée durant un demi-siècle, en raison de l’augmentation de son utilisation récréative à la fin des années 1960. Depuis une quinzaine d’années, elle redémarre en Europe et aux Etats-Unis, mais reste marginal. Certains chercheurs pensent qu’elle pourrait avoir des effets bénéfiques chez les personnes atteintes de dépression résistante à tous les traitements, d’autres évoquent son efficacité dans le traitement de la maladie alcoolique.


Un feu d'artifice dans le cerveau

Le laboratoire du Dr Robin Carhart-Harris tente de comprendre l’action du LSD, principe actif des champignons hallucinogènes, sur le cerveau. 20 volontaires ayant déjà consommé ces substances ont été sélectionnés. Pour les besoins de leurs travaux, l'équipe du Dr Carhart-Harris a demandé à un groupe d’avaler, soit, un placebo, soit, 75 mg du LSD.

Le cerveau de ces volontaires en mal de sensations fortes a ensuite été étudié par IRM et magnétoencéphalographie, qui permet d’étudier les champs magnétiques émis par les neurones. Grâce à cette série d’examens, les chercheurs ont pu voir et analyser ce qui se passe dans le cerveau de ces jeunes gens, et en particulier lorsqu’ils expérimentent des hallucinations visuelles. Habituellement, une stimulation visuelle est traitée par le cortex visuel, une zone cérébrale située à l’arrière du cerveau. Mais sous LSD, cette information mobilise la quasi-totalité du cerveau.

 

Source : Neural correlates of the LSD experience revealed by multimodal neuroimaging, PNAS. En haut, le cerveau d'un participant ayant pris un placebo. Seul le cortex visuel est activé. En bas, le cerveau sous LSD. La quasi-totalité de l'organe est mobilisée. 

 

Et ce véritable feu d’artifice se déclenche également lorsque les participants ont gardé les yeux fermés. Pour les chercheurs, cette observation suggère qu’ils sont capables de voir des choses simplement grâce à leur imagination.

Par ailleurs, ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi le LSD modifie toutes les perceptions sensorielles et l’état de conscience. « Normalement, notre cerveau fonctionne grâce à des réseaux indépendants responsables d’une fonction spécifique comme la vue, le mouvement ou l’ouïe. Mais sous LSD, cette séparation s’écroule et est remplacé par un réseau plus unifié, explique le Dr Carhart-Harris, responsable de ces travaux. Ceci expliquerait l’altération profonde de la conscience fréquemment décrite. Cela pourrait également explique ce qu’ils qualifient de voyage d’introspection et de voyage intérieur durant lequel ils se reconnectent à eux-mêmes et à la nature. Cette expérience est parfois vécue comme mystique ou religieuse, et semble être associée à un bien-être après même après que les effets de la drogue s’atténuent. »


Un cerveau plus libre

Cette drogue psychédélique permettrait donc de « décloisonner » notre cerveau lui permettant de fonctionner « librement et sans contrainte comme celui des enfants ».

Lors d’une autre expérience, les chercheurs ont également découvert que la combinaison LSD-musique améliorait l’activité du parahippocampe, une zone impliquée dans la formation d’image mentale et de la mémoire. Plus cette région du cerveau communique avec le cortex visuel, plus le cerveau est capable de générer des visions complexes et notamment se remémorer des scènes de vie.

Pour les chercheurs, ces découvertes pourraient permettre de développer des thérapies pour les troubles psychiatriques, en particulier la dépression.

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