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Glyphosate

Roundup : l’UE demande à Monsanto les études de toxicité

Lundi dernier, le Commissaire européen à la santé a demandé à Monsanto que soient rendues publiques les études sur les risques liés au glyphosate.

Roundup : l’UE demande à Monsanto les études de toxicité Chafer Machinery/Flickr

  • Publié 08.04.2016 à 17h57
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Les institutions européennes réagissent enfin. Alors que le renouvellement de l’utilisation du glyphosate semblait acquis en Europe, les inquiétudes de l’opinion publique, relayées par les politiques, ont jeté un peu de sable dans les rouages. Le Commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a adressé une lettre à Monsanto afin que les études sur la toxicité du composé de base du désherbant RoundUp soient rendues publiques.

« Le processus mis en place pour autoriser le glyphosate a attiré une attention publique et une inquiétude extraordinaires, en particulier au Parlement européen, sur la transparence de l’évaluation, écrit Vytenis Andriukaitis à Richard Garnett de chez Monsanto Europe. Afin de faciliter le processus de décision et de renforcer la confiance dans la procédure européenne en cours, j’invite le Glyphosate Task Fund (GTF) à publier de manière pro-active, la totalité des études fournies à l’EFSA. »

Monsanto contre l’OMS

C’est un autre pas en direction des associations écologistes qui luttent contre ce produit depuis de nombreuses années. Le débat avait été rouvert en 2015 suite à deux évènements contradictoires. En mars, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la santé – avait rendu un avis défavorable. En s’appuyant sur la littérature scientifique issue des recherches académiques et publiques, il avait classé le glyphosate comme « cancérigène probable (1) ».

Quelques mois plus tard, l’Agence européenne des aliments (EFSA) avait pourtant rendu un avis favorable à la ré-homologation du désherbant pour quinze ans, en s’appuyant sur des rapports de toxicité tenus secrets. Ces études avaient été menées par un groupement d’industriels de l’agrochimie, le GTF, sous la houlette de Monsanto.

Les députés européens décideront

Début mars 2016, alors que l’autorisation devait être renouvelée, les représentants de la France, de la Suède, des Pays-Bas et de l’Italie avaient fait pression pour que la toxicité du glyphosate soit réévaluée, et la Commission européenne avait reporté le vote.

Des revendications visiblement entendues. Le 22 mars dernier, la Commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI) avait appuyé les demandes de ces états en émettant une résolution, qui insiste sur le fait que le principe actif du RoundUp ne devait pas être autorisé sans restrictions. L’avenir du RoundUp sera mis entre les mains des députés européens la semaine prochaine. Un vote doit en effet avoir lieu sur la résolution de l’ENVI.

 

(1)) La classification du CIRC prévoit 5 niveaux de risques cancérigènes. Le glyphosate fait partie de la classe 2A, soit la deuxième plus élevée après « agent cancérigène avéré ». Il signifie que l’action cancérigène a été démontrée chez l’animal, mais pas de manière certaine chez l’homme. En revanche, des mécanismes d’apparition similaires du cancer chez l’homme et l’animal laissent penser que le produit est aussi cancérigène chez l’homme.

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