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Cerveau : nous serions capables de mémoriser tout le web

Par Stéphany Gardier

Il y eut les mégaoctets, puis les gigaoctets, et aujourd’hui, il n’est pas rare que les ordinateurs de bureau soient équipés de disques durs dont la capacité s’affiche en teraoctets. Et bien bonne nouvelle pour tous ceux qui oublient à longueur de journée, réunions, anniversaires et codes de carte bleue : notre cerveau serait, lui, équipé d’une mémoire d’un petaoctet (1015 octets), soit une capacité de stockage équivalente ni plus ni moins à celle du web ! Une découverte, publiée dans la revue scientifique eLife, et relatée par Sciences et Avenir, qui secoue le monde des neuroscience. On estimait jusqu’ici que le cerveau était 10 fois moins puissant.

 

C’est une équipe de chercheurs du Salk Institute for Biological Studies de La Jolla, en Californie, qui vient de jeter ce pavé dans la mare des neurosciences. Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de Terry Sejnowski a travaillé sur un modèle 3D d’une toute petite partie de l’hippocampe du rat. Cette zone du cerveau est connue pour son rôle fondamental dans les processus mnésiques.

La seule reconstitution en 3D de cette région cérébrale est une prouesse en soi. Mais elle a surtout permis aux chercheurs de démontrer que l’organisation des communications entre les neurones était plus complexe que ce qui était admis jusqu’alors. Les scientifiques ont pu étudier plus en détails les synapses, ces points de contact entre deux neurones, qui sont la clé du processus de mémorisation. Ils ont alors découvert qu’il n’existe pas 3, mais 26 tailles de synapses différentes. « En langage informatique, 26 tailles de synapses correspondent à 4,7 bits d'information. Or, auparavant, nous pensions que le cerveau n’était capable que de stocker l’équivalent d'un ou deux bits de mémoire de courte et longue durée dans l'hippocampe », explique Tom Bartol, un des auteurs de la publication.

Autre bonne nouvelle, notre cerveau fonctionne en mode basse consommation ! « Nous avons découvert la clé permettant de comprendre comment les neurones de l'hippocampe fonctionnent à pleine puissance en utilisant peu d'énergie, mais à pleine puissance », s’est réjoui Terry Sejnowski, qui estime que ces résultats vont « faire l’effet d’une bombe ». Ils pourraient en tout cas permettre de progresser dans la compréhension des processus mnésiques, et de certains des troubles de la mémoire.

 
Première publication : le 26 janvier 2016