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Groupe d’experts canadiens

Vaccination : des recommandations pour réduire la douleur

Par Julie Levallois

Forcément douloureux, le vaccin ? Pas pour 25 experts canadiens. Ils émettent une série de recommandations pour apaiser la douleur et le stress associés à ce geste médical.

Anna Reed/AP/SIPA
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« Faire pleurer un enfant, ça peut lui sauver la vie », avance la dernière campagne pro-vaccination de Médecins du Monde. Et pour cause : la douleur est une sensation très souvent associée à ce geste médical. Mais il est possible de se réconcilier avec le vaccin. Pour cela, des experts canadiens émettent de nouvelles recommandations de le Canadian Medical Association Journal. L’objectif est clair : réduire le stress et la souffrance de la vaccination, y compris chez l’adulte.

Des gestes simples

« La douleur liée à la vaccination est courante, et elle peut favoriser l’hésitation des gens à se faire vacciner, y compris à l’âge adulte, explique le Dr Anna Taddio, premier auteur du texte. Cela les expose à un risque de contracter des maladies infectieuses qui sont le plus souvent évitables par la vaccination. »

La douleur ne peut pas être totalement évitée, les experts le reconnaissent. Mais elle peut être atténuée avec des méthodes simples. Ainsi, à tout âge, l’injection avec aspiration – qui implique une aiguille plus longue – n’est souvent pas nécessaire. Lorsque les vaccinations sont combinées, mieux vaut réserver la plus douloureuse pour la fin, conseillent aussi les 25 experts.

Les enfants présentent un cas particulier, car ils sont plus sensibles à la douleur et au stress. La présence des parents est un facteur rassurant, jusqu’à 12 ans. Pour les plus jeunes, l’allaitement pendant la vaccination doit être envisagé, ou à défaut, l’administration d’une solution sucrée. Tenir l’enfant dans ses bras, avec un contact peau à peau, permet aussi de le rassurer.

Agir tôt

Après 2 ans, la position assise est plus propice à réduire le stress, ajoutent les experts : l’enfant se sent en contrôle. Inutile donc de restreindre ses mouvements, contrairement aux bébés. Les plus grands (12 ans et moins) peuvent même bénéficier d’analgésiques topiques, qui réduiront la douleur. Un élément clé, car elle peut provoquer une peur de l’aiguille, voire un évitement des soins de santé.

La bonne nouvelle, pour Anna Taddio, c’est que ces mesures sont simples et peuvent être appliquées très simplement : « La plupart de ces recommandations peuvent être utilisées dans des contextes variés d’administration du vaccin – du cabinet médical à un établissement public comme une école ou des bureaux », estime-t-elle. L’éducation fait bien entendu partie du dispositif recommandé : expliquer aux patients à quoi s’attendre lors d’une vaccination permet d’apaiser les craintes.