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QUESTION D'ACTU

Dépendance

L'addiction à la pornographie n'a pas de fondement scientifique

Selon une étude américaine, il n'est pas possible d'établir un lien scientifique entre forte consommation de contenus pornographiques et une quelconque dépendance. 

L'addiction à la pornographie n'a pas de fondement scientifique SOLENT NEWS/SIPA

  • Publié le 29.06.2015 à 15h15
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Et si le film Don Jon, qui relate les aventures de Joseph Gordon-Levitt dans le rôle d’un homme accro au porno, n’était finalement que pure fiction ? C’est en tout cas ce que croient savoir les scientifiques de l’université de Géorgie (Etats-Unis) dont les travaux ont été repris par le site Slate. Selon eux, il est impossible de faire un lien entre une consommation importante de contenus pornographiques et une dépendance réelle, comme elle peut exister pour la drogue et l’alcool.

L’équipe de chercheurs a décidé d’axer ses travaux sur 122 hommes et femmes, dont 55 pensaient avoir des problèmes liés aux films pornographiques. Les volontaires ont été confrontés à des photographies sexuellement explicites. Dans le même temps, leur activité cérébrale a pu être enregistrée et analysée grâce aux modifications de leur Potentiel Evoqué (PE), c’est-à-dire les variations de leur activité électrique provoquée par une stimulation externe. La mesure est prise au niveau du cuir chevelu, une des localisations du corps humain où les modifications sont les plus importantes. Cependant, comme le souligne le Medical Daily, les patients, qui affirmaient être accros au porno, affichaient les niveaux les plus bas à ces tests…


Pas de rapport scientifique établi

Comme l’explique l'un des auteurs, Nicole Prause, cette étude fournit « la preuve que le porno ne constitue pas une addiction comme les autres, il n'est donc pas approprié d'appeler le porno une addiction dans une perspective scientifique. » En fait, les modifications cérébrales remarquées lorsqu’un patient est confronté à des photographies érotiques ne peuvent pas être mises en parallèle avec celles étudiées par un manque d’alcool ou de drogues, qui sont bien plus profondes et importantes.

C’est la première fois qu’une si grande cohorte est étudiée à ce sujet. « Si le groupe était plus important, nul doute que les résultats auraient été les mêmes » conclut-elle.

Une pression sociétale forte

Pour comprendre l’origine du concept de « porn addiction », il faut souligner le poids du lobby religieux outre-Atlantique. Selon une étude réalisée en 2014, les personnes très croyantes auraient bien plus peur que les autres de devenir droguées aux films pornographiques aux Etats-Unis. Ainsi, cette addiction n’aurait rien de médical, il s’agirait simplement d’une peur, mise en place par une norme sociale décidée par des responsables religieux influents.

Cette étude sera très certainement contredite par certains médecins qui, eux, croient à la théorie de l’addiction. C’est le cas du Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et spécialiste de la sexualité, interrogé en 2014 par Pourquoidocteur. Selon lui, « on peut devenir dépendant si on est rentré dans l’addic. Si on constate que l’angoisse est présente répétitivement et qu’on a du mal à faire face sauf en regardant des films, il vaut mieux consulter. »


Entretien avec le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue et spécialiste de la sexualité (1).

(1) Auteur de plusieurs ouvrages, dont « côté cœur, côté sexe : l’ABC du bonheur à deux », co-écrit avec Rica Etienne et publié aux éditions Albin Michel.

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