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QUESTION D'ACTU

Après le décès de deux bébés

Vaccins contre la gastro-entérite : Marisol Touraine s'en remet aux médecins

Deux vaccins contre la gastro-entérite sont dans le viseur des autorités après 2 décès. L’ANSM invite les médecins à alerter les parents et Marisol Touraine se veut rassurante.

Vaccins contre la gastro-entérite : Marisol Touraine s'en remet aux médecins BORDAS/SIPA

  • Publié 01.04.2015 à 21h48
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« Il faut être extrêmement vigilant mais ne pas inquiéter outre mesure les parents d'aujourd'hui », c'est la réponse donnée par Marisol Touraine sur Radio Classique-LCI au sujet des deux bébés morts après avoir été vaccinés contre les gastro-entérites causées par des infections à rotavirus. En cause, Rotarix et RotaTeq, deux vaccins oraux recommandés chez les nourrissons âgés de moins de 6 mois, selon un schéma vaccinal à deux doses (1). La ministre de la Santé a ainsi rappelé que, « même si des enquêtes sont en cours, ces vaccin sont autorisés en Europe », depuis février et juin 2006 respectivement, et commercialisés en France depuis mai 2006 et janvier 2007. « C’est aux médecins, à qui l’Agence du médicament a envoyé de nouvelles recommandations, de voir au cas par cas si le vaccin est utile», a-t-elle précisé.

Des occlusions intestinales fatales
Ces deux bébés sont morts en 2012 et 2014, après avoir été vaccinés. Leurs décès sont intervenus après des occlusions intestinales liées à une invagination intestinale aigüe, une sorte de repli d'un segment d'intestin dans la portion intestinale suivante. Cette conclusion provient d'un rapport du Comité technique de pharmacovigilance, daté du 10 février 2015 et transmis à la Direction générale de la Santé.
Dans ce document, les vaccins Rotarix et RotaTeq sont accusés d'entraîner un nombre « préoccupant » d'effets indésirables graves. Les deux décès révélés dans la presse par Le Canard Enchainé sont confirmés. Le Comité, qui a analysé les données de suivi national et international concernant ces vaccins oraux, « s'interroge donc sur le bien-fondé de recommander la généralisation de cette vaccination en France. »

201 effets indésirables graves
Depuis le début de la commercialisation en France de ces deux vaccins et jusqu’au 31 octobre 2014, plus de 1 million de doses ont été distribuées. Et 508 notifications d’effets indésirables ont été médicalement confirmées, dont 201 graves. Parmi ces dernières, 47 cas d’invaginations intestinales aiguës, survenues dans le mois suivant la vaccination, « dont quelques-uns d’évolution fatale », confirme aussi de son côté l'ANSM. Elle rajoute que « l’invagination intestinale aiguë est un type d’effet indésirable qui, bien que considéré comme très rare (moins de 1 cas sur 10 000 vaccinés), nécessite, de par sa gravité, une prise en charge immédiate, dès les premiers signes cliniques. »

Les recommandations bientôt réexaminés 
Pour cette raison, l'Agence de sécurité du médicament (ANSM) invite dans une lettre les professionnels de santé « à sensibiliser les familles sur les signes d’invagination intestinale aigüe, survenant dans le mois suivant la vaccination, devant les amener à consulter sans délai leur médecin : douleurs abdominales, pleurs répétés et inhabituels de l’enfant, vomissement, présence de sang dans les selles, ballonnements abdominaux et/ou fièvre élevée. »
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a prévu, par ailleurs, de réexaminer dans les prochains jours ses recommandations relatives à la vaccination des nourrissons contre les infections à rotavirus 1.

(1)  Le HCSP recommande la vaccination contre les rotavirus des nourrissons âgés de moins de 6 mois selon un schéma vaccinal à 2 doses (2 et 3 mois de vie) pour le vaccin monovalent et à 3 doses (2, 3 et 4 mois de vie) pour le vaccin pentavalent.

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