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Verrues génitales, condylome : l’infection à papillomavirus est très contagieuse

Verrues génitales, condylome : l’infection à papillomavirus est très contagieuse

Publié le 29.07.2016
Verrues génitales, condylome : l’infection à papillomavirus est très contagieuse
©123RF-Marcin Balcerzak

Le « condylome », ou « verrue génitale », est une infection sexuellement transmissible due à un papillomavirus, ou virus HPV. Certaines souches de ce virus peuvent provoquer une transformation des cellules infectées et l'apparition de cancers.

Verrues génitales, condylome : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Les verrues génitales ou « condylome » sont des infections sexuellement transmissibles ou IST.
Le virus responsable est un virus de type « papillomavirus » ou HPV pour « Human PapillomaVirus », dont il existe plus d’une centaine de « sous-types ».
Sur les organes génitaux externes, les verrues génitales peuvent prendre une forme « en forme de chou-fleur » ou en « crêtes de coq ».

Qu'est-ce qu’un condylome ?

Les « condylomes », ou « verrues génitales », sont l'une des manifestations de l'infection virale par le papillomavirus humain (ou virus HPV). Ils sont considérés comme les plus fréquentes des infections sexuellement transmissibles après les infections à chlamydia.
Chez l'homme comme chez la femme, les condylomes sont liés à l'infection des muqueuses par des HPV de sous-types 6 et 11 dans plus de 80 % des cas. Il existe aussi des HPV 16 et 18, à risque oncogène, qui ont été associés à des cancers du col de l’utérus, de l’anus, le la bouche ou de la gorge.
Les condylomes se manifestent parfois plusieurs années après la contamination et ne sont pas toujours visibles à l'œil nu. Lorsqu’elles le sont, les verrues sont des excroissances de la muqueuse ou de la peau, le plus souvent de la même couleur, mais parfois blanches ou grisâtres.
Les condylomes sont parfois également présents dans la bouche, le canal urinaire (« l’urètre »), le vagin ou sur le col de l’utérus. Ils entraînent parfois des démangeaisons ou des saignements lors des rapports sexuels.
Compte tenu des délais d'incubation très variables du virus, allant de 3 semaines à plusieurs années après la contamination, la survenue de condylomes ne doit pas systématiquement faire suspecter une infidélité sexuelle du partenaire. De nombreuses formes sans aucun signe apparent (« asymptomatiques ») expliquent les survenues retardées ou la négativité du bilan chez le partenaire.

Quels sont les signes du condylome ?

Le risque de contamination après un seul contact sexuel contaminant est de l'ordre de 60 à 70 %. Les signes cliniques apparaissent 3 à 6 mois après l'infection initiale, mais le virus peut également rester à l'état latent, c'est-à-dire endormi, pendant plusieurs mois ou même plusieurs années.
Les condylomes apparents se présentent sous la forme d’excroissances de la muqueuse ou de la peau, le plus souvent de la même couleur qu’elle, mais parfois blanches ou grisâtres. Elles peuvent être plates ou légèrement surélevées, voire avec une forme « en forme de chou-fleur » ou en « crêtes de coq », lorsqu’elles se trouvent sur les organes génitaux externes (vulve, pénis, prépuce, scrotum), le périnée et l’anus.
Chez l’homme, les condylomes peuvent se développer sur le gland, le frein, le prépuce, l’orifice urinaire et autour de l’anus ou à l’intérieur du rectum. Elles sont généralement indolores, mais causent parfois des démangeaisons.
Chez la femme, les condylomes peuvent se localiser sur la vulve, le périnée, les grandes lèvres et les petites lèvres, et sur la région péri-anale. Les lésions bénignes externes étant associées dans 20 à 30 % des cas à des lésions du col ou de l'anus, potentiellement cancéreuses, il est indispensable de rechercher ces dernières, en particulier au niveau du col utérin, par la pratique d'un frottis gynécologique.

Quelles sont les causes des verrues génitales ?

Les condylomes sont dus à l'infection de la muqueuse génitale par des papillomavirus humains (HPV) dont il existe de nombreux sous-types. Très contagieux, il en existe une centaine de types, dont seuls certains provoquent des condylomes et, parmi eux, seuls quelques sous-types peuvent entraîner l’apparition de cancers.
Les HPV de type 6 et 11 sont responsables de 90 % des cas de verrues génitales : on parle de virus « à bas risque oncogène » (bas risque de cancer). Alors que 70 % des cancers du col de l'utérus sont dus aux types 16 et 18 : il s'agit des papillomavirus « à haut risque oncogène » (haut risque de cancer). Ces derniers virus sont associés au développement de lésions précancéreuses et cancéreuses, en particulier du col de l’utérus, du vagin, de la vulve, de l'anus, du pénis, de la bouche et de la gorge.
Les personnes qui ont débuté leur vie sexuelle très jeunes et celles qui ont eu de nombreux partenaires sexuels ont un risque plus élevé de contamination par les virus du papillome humain, en particulier si elles ont eu des relations sexuelles sans protection. Les personnes qui souffrent d'une autre infection sexuellement transmissible sont également plus à risque d'être infectées par les papillomavirus.
Des petites lésions de la peau, des défenses immunitaires affaiblies et la présence d’une inflammation sont autant de facteurs qui favorisent la transmission d’un HPV.
D’autres facteurs, comme le tabagisme, l’abus de drogues (cannabis et cocaïne) ainsi que la prise de médicaments immunosuppresseurs peuvent favoriser l’infection.
Une mère peut contaminer son enfant à la naissance lors du passage du fœtus dans le vagin.
Les papillomavirus étant résistants aux conditions environnementales (écarts de température, froid, chaleur…), une transmission indirecte par l'eau, du linge de toilette ou du matériel souillés est possible, voire dans les saunas ou les jacuzzis.

Quelles sont les complications des condylomes ?

Malgré le traitement, le taux de récidive des verrues génitales est élevé : une récidive est observée dans environ 20 % à 30 % des cas malgré un traitement rigoureux. Même les verrues ayant déjà été guéries peuvent réapparaître et des contrôles réguliers sont indispensables.
Les HPV à bas risque, responsables de lésions bénignes, peuvent coexister avec des infections par un HPV à haut risque, tel que l'HPV 16 ou 18, à l’origine de lésions précancéreuses ou dysplasiques, qui peuvent ensuite devenir cancéreuses.
Chez l'homme, ces lésions dysplasiques surviennent sur le pénis et au niveau de l'anus. Chez la femme, elles se localisent surtout au niveau du col, faisant ainsi le lit de plus de 99 % des cancers du col de l'utérus, mais on peut les retrouver au niveau de la vulve, du vagin ou de l'anus. Chez l’homme, comme chez la femme, on peut les retrouver au niveau de la bouche et de la gorge.
La coexistence fréquente des HPV à bas risque et des HPV à haut risque justifie la pratique d'un frottis cervical (du col de l’utérus) chez la femme porteuse de condylomes ainsi qu'un examen attentif de l'ensemble du périnée à la recherche de lésions suspectes, chez l'homme comme chez la femme.
Chez les femmes enceintes porteuses de condylomes, une contamination de l’enfant peut se produire lors de l’accouchement et provoquer des verrues dans la bouche du nourrisson.

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