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Vaccin contre le VIH : les scientifiques prudents face aux résultats de Biosantech





Un vaccin contre le VIH aurait donné des résultats sans précédents, peut-on lire dans Le Point. Et c’est le fruit du travail de chercheurs français, qui ont fait part, ce mercredi, de ces résultats. D’une manière peu conventionnelle cependant, puisque ce n’est pas au travers d’une publication scientifique que les données ont été rendues publiques, mais via les médias. Une manière de faire qui devient de plus en plus commune dans le monde des biotechnologies, mais qui trouble le message : est-on face à une avancée majeure ou à un effet de manche pour attirer de nouveaux investisseurs ? Plusieurs scientifiques français, et l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) ont déjà appelé à la plus grande prudence vis-à-vis de ces résultats.

L’histoire de ce vaccin curatif est longue et mouvementée. A l’origine, c’est le Pr Erwann Loret qui a l’idée de faire des recherches sur la protéine Tat, qui lui semble présenter un intérêt majeur pour lutter contre le virus du sida. Il obtient des résultats très encourageants chez le macaque, mais devra attendre plus de 10 ans avant d’obtenir l’autorisation de poursuivre ses travaux chez l’humain. Quand, début 2013, le Pr Loret peut enfin lancer un essai chez l’homme, il ne manque pas de souligner que c’est grâce à la création d’une start-up, Biosantech, financée en grande partie par des investisseurs privés, que tout cela est possible.

Ce n’est cependant pas Erwann Loret qui a annoncé hier à la presse les résultats de l’essai de phase IIa, mené sur 48 patients séropositifs, en partenariat avec l’Assistance publique Hôpitaux de Marseille. Entre-temps, Biosantech a racheté le brevet du vaccin au scientifique, dans des conditions plus que houleuses.

 

C’est donc aujourd’hui Corinne Treger, la PDG de la start-up, qui assure la communication sur ce vaccin curatif. Et ses arguments, peu scientifiques, sont pour le moins déstabilisants. A la question de l’absence de publication scientifique, elle n’hésite ainsi pas à répondre sur France Info : « Je n’ai pas de temps à perdre ! » L’auditeur ne manquera pas de remarquer que Corinne Treger est d’ailleurs reçue pour une émission économique, et non pas scientifique…

La PDG de Biosantech souligne d’ailleurs au cours de cet interview à quel point cette recherche coûte cher et que si elle avait su tout ce qui était demandé à un promoteur d’essai, elle se serait peut-être abstenue... Corinne Treger chercherait d'ailleurs à vendre Biosantech.

La remarque de madame Treger est lourde de sens, elle montre comment aujourd’hui la recherche en santé est en partie menée par des investisseurs, qui n’ont malheureusement pas de connaissances ni de la science fondamentale, ni des usages en vigueur. Mais si des scientifiques doivent aujourd’hui s’en remettre à des personnes qui estiment qu’une publication, et donc une validation par les pairs, est une « perte de temps », c’est que la France a échoué dans l’accompagnement de ces chercheurs.

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