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Il frappe de plus en plus en Europe : qu’est-ce que le stress thermique ?

En cas de fortes chaleurs, l'organisme peut être soumis à un stress thermique : il s'agit d'un déséquilibre de la température corporelle, dangereux pour la santé. 

Il frappe de plus en plus en Europe : qu’est-ce que le stress thermique ? Natalia SO/istock

  • Publié le 26.06.2026 à 10h25
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Ce sont les journées les plus chaudes jamais enregistré en France. Mercredi 24 juin et jeudi 25 juin, la moyenne des températures sur l’hexagone a atteint 30°C. Cette canicule met les organismes à rude épreuve. Elle peut déclencher un stress thermique : une accumulation de chaleur corporelle, liée aux conditions météorologiques. 

Stress thermique : un déséquilibre de la température corporelle qui peut avoir des conséquences graves

"Le stress thermique est la principale cause de décès liés aux conditions météorologiques, alerte l’ONU dans un communiqué paru le 22 juin. Il peut ainsi exacerber les maladies sous-jacentes, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’asthme et les troubles mentaux, et augmenter le risque d’accident et de transmission de certaines maladies infectieuses."

Selon Copernicus Climate Change Service (C3S), un institut européen de recherche sur le climat, ce stress est la conséquence d'une combinaison de facteurs, au-delà de la seule température extérieure, comme l'humidité, l'activité physique et l’hydratation insuffisante. "Divers facteurs influencent la capacité du corps humain à maintenir sa température interne dans certaines limites, précise l’organisme sur son site. Le bilan thermique humain dépend de l'équilibre entre la chaleur produite par l'organisme et celle échangée avec l’environnement." Le système de thermorégulation du corps et le comportement (alimentation, hydratation, activité physique, vêtements) peuvent avoir un impact sur cet équilibre. "Dans les cas graves, des affections liées à la chaleur telles que l'épuisement dû à la chaleur ou le coup de chaleur, une urgence médicale, pouvant mettre la vie en danger", alerte C3S. 

Une aggravation du stress thermique depuis les années 1970

Or, une étude récente, parue dans Nature Climate Change, révèle que le stress thermique est de plus en plus fréquent. "Nos recherches mettent en évidence une intensification manifeste du stress thermique à l'échelle mondiale, induite par le climat, développe Rebecca Emerton, autrice principale de ces travaux et scientifique au sein du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme. Par rapport aux années 1970, le stress thermique est désormais plus sévère, plus fréquent et plus durable." De fait, ses travaux sont basés sur une comparaison entre les conditions de stress thermique du climat actuelles (pour la période 2015-2024) et celles des années 1970. "Tous les continents sont désormais touchés par des épisodes de stress thermique ‘très fort’ et ‘extrême’ plus fréquents, ces phénomènes s'étendant à des régions jusqu'alors épargnées ", indique l’étude.

Elle démontre aussi que les saisons de stress thermique sont aujourd’hui plus longues, "avec une fréquence accrue d'événements combinés plus sévères". D’après les résultats, les changements les plus importants sont relevés en Europe, en Afrique, dans la péninsule arabique et en Amérique du Nord. "En Europe, le stress thermique extrême, bien que toujours rare, survient désormais 2,5 fois plus souvent, tandis que les régions subtropicales, notamment le sud de l'Amérique du Nord, le sud de l'Europe, l'Afrique et l'Amérique du Sud, connaissent jusqu'à 50 jours supplémentaires par an marqués par un stress thermique au niveau ‘fort’ au minimum." Pour Rebecca Emerton et son équipe, ces résultats illustrent la "nécessité de limiter le réchauffement futur tout en intégrant le stress thermique dans les évaluations des risques climatiques".  

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