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Journée Mondiale pour le droit à l'avortement

Avortement : des progrès dans l'information des femmes

En France, les inégalités d'accès à l'IVG subsistent, mais les femmes sont mieux informées de leurs droits grâce à un site dédié. 

Avortement : des progrès dans l'information des femmes LILIAN AUFFRET/SIPA

  • Publié 28.09.2015 à 07h00
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En 2013, Laura* a vécu son avortement comme une « punition ». « Lorsque tu es accueillie dans une maternité, à côté de jeunes mamans, avec peu de personnel pour répondre à tes questions, tu te sens perdue, tu culpabilises », explique t-elle.

Comme elle, 220 000 femmes ont recours à une IVG chaque année en France. Il y a deux ans, le gouvernement a lancé une plateforme internet pour répondre à leurs doutes et interrogations. L’idée était de présenter des informations objectives, pour expliquer aux Françaises que l’avortement est une procédure offerte au même titre qu’une autre, par le système de santé publique.

 

Mieux informer

Avant la création de ce site, les femmes étaient souvent redirigées vers des sites web, ou vers des forums présentant l’avortement de manière très négative. La mise en place d’un dispositif d’information à l’échelle nationale a permis, d’une part, de donner une meilleure visibilité à l’IVG, et de renforcer la qualité de la communication sur le sujet.

 

Ecoutez...
Véronique Sehier, co-présidente : « Un certain nombre de sites existaient et se présentaient comme des sites d'information. Mais ils ne donnaient pas une information objective, ils portaient un message stigmatisant, disant que l'avortement était traumatisant... »

D'autre part, le discours culpabilisateur autour de l’avortement, toujours présent, a été mis à mal en réaffirmant le droit des femmes à disposer de leur corps et à avorter. Le discours des sites anti-avortement est relégué au second plan.

 

Ecoutez...
Véronique Sehier : « Il n'est plus de bon ton de dire qu'on est contre l'avortement, mais un discours est toujours diffusé sur le traumatisme que cela représente. Ce qui est certain, c'est que quand vous tapez l'information, c'est ce site qui ressort, avant on avait que les sites anti... »

 

* Le prénom a été modifié

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Répondre à la clause de conscience

Ce discours, Laura l'a expérimenté lors de son avortement. « Mon médecin et mes proches n’arrivaient pas à comprendre que pour certaines femmes, avorter, c’est une nécessité », explique t-elle. Pour Véronique Sehier, la diffusion d’une information claire et objective a aussi aidé les femmes comme Laura à se sentir plus confiantes face aux professionnels de la santé.

La loi de santé en projet ne supprime pas la clause de conscience pour les médecins. Néanmoins, en étant mieux informées, les femmes se sentent plus sûres de leurs droits et peuvent mieux les faire valoir face aux praticiens qui refusent de pratiquer l’IVG. Elles sont mieux armées pour faire appel à la loi, et pour demander à un autre médecin d'intervenir.

 

Inégalités territoriales

En plus du site, les différentes Agences Régionales de Santé (ARS) sont responsables à leur niveau d’informer les femmes sur leur droit à l’IVG, et doivent mettre en place des numéros de téléphone pour leur répondre. Mais cet accompagnement varie en qualité d’une région à l’autre. L'idée du ministère de la Santé était donc de faire de la plateforme Web un levier d'égalité pour les femmes, quels que soient leur région ou leur milieu social. Et, pour renforcer cette mesure, le ministère lance ce lundi un numéro vert à l'échelle nationale.

Cependant, améliorer l’accès à l’information ne résout pas le problème majeur de l'accès à l'avortement, en tant que tel. Dans de nombreuses régions, les inégalités subsistent, comme l'explique le Dr Gilles Lazimi, généraliste au centre de santé de Romainville (Seine-Saint-Denis), et spécialiste de la santé des femmes. Dans certains cas, les femmes connaissent bien leurs droits, mais ne disposent que d’un accès limité à la procédure d'IVG, notamment suite à la fermeture de nombreux hôpitaux de proximité ces dernières années.

 

Ecoutez...
Gilles Lazimi, médecin généraliste à Romainville : « On sait que 130 centres ont fermé leurs portes en dix ans. Cela crée des inégalités. Il faut aussi qu'on forme les médecins qui ne souhaitent pas faire d'IVG à ne pas rejeter ces patientes, à ne pas les culpabiliser, et à faire leur travail de médecin. »

 

Les mesures comprises dans la loi de santé devraient apporter des solutions concrètes à ce problème, en particulier en permettant aux sages-femmes, réparties sur tout le territoire, de pratiquer les IVG médicamenteuses ou aux centres de santé de pratiquer des IVG instrumentales.

 

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